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Immigration: Stanislas Guérini veut "sanctuariser" l'Aide médicale d'État, tout en chassant les "abus"

Invité ce lundi matin de RMC et BFMTV, le délégué général de la République en marche (LaREM) souhaite défendre "absolument" le principe de l'AME. Sans toutefois fermer la porte à une réforme si des abus sont constatés.

Sur l'éternel sujet de l'immigration, remis au premier plan par Emmanuel Macron, il faut regarder les choses "en face". C'est l'approche défendue par Stanislas Guérini, invité ce lundi matin de Jean-Jacques Bourdin sur BFMTV et RMC.

"Quand on parle d'immigration, on confond tout; on parle d'asile, on parle de situations de détresse humanitaires, on parle d'immigration économique", avertit d'emblée le délégué de la République en marche, avant de saluer la démarche du chef de l'État d'organiser un débat sans vote à l'Assemblée nationale puis au Sénat la semaine prochaine. L'occasion de "poser la réalité de l'immigration en France", affirme l'élu sur notre plateau.

Au coeur de cette délicate thématique, le patron de LaREM reconnaît qu'il "y a un questionnement sur le droit d'asile". Il ne s'agit pas de toucher à son "principe", mais Stanislas Guérini souhaite faire reconnaître qu'il y a des "dysfonctionnements". Il explique: "Deux fois moins de personnes arrivent en Europe depuis la crise migratoire de 2015, pourtant ça fait deux années que l'augmentation des demandeurs d'asile en France prend 20%." "De 85.000" demandes d'asile en 2017, "il y en a 125.000 aujourd'hui" détaille cette figure de la majorité.

Conserver la "principe de l'AME", mais...

L'objectif des discussions à venir est double, poursuit notre invité. Il s'agit d'un côté de "poser les bases ce qui doit être une politique efficace et humaine sur l'immigration", et de l'autre de passer "au peigne fin" les rouages de "notre système d'asile" et "toute l'aide qui peut être apportée aux migrants". Avec en toile de fond l'avenir de la très clivante Aide médicale d'État (AME), dans le collimateur du gouvernement.

Un dispositif dont "il faut préserver absolument le principe", plaide l'homme fort du parti présidentiel mais qui ouvre la porte à une éventuelle réforme si des abus sont découverts. Et de conclure, à ce titre, que "personne ne comprendrait qu'on puisse regarder un système social, qui concerne les migrants ou pas, et qu'on ne regarde pas s'il y a des abus."

Jérémy Maccaud