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Emplois présumés fictifs au MoDem: François Bayrou actuellement entendu au tribunal de Paris

D'autres cadres du parti centriste, notamment Michel Mercier, Sylvie Goulard et Marielle de Sarnez, ont d'ores et déjà été mis en examen. Tous sont soupçonnés d'avoir utilisé des fonds publics du Parlement européen pour rémunérer des assistants parlementaires qui occupaient en réalité des postes totalement différents.

Le président du MoDem François Bayrou est arrivé vendredi au tribunal de Paris pour être entendu dans l'affaire des assistants d'eurodéputés du parti centriste, qui pourrait lui valoir une mise en examen. Il est arrivé peu avant 9h30 accompagné de son avocat, et s'est dirigé vers le bureau de la juge Charlotte Bilger, chargée de cette enquête.

De Michel Mercier à Sylvie Goulard en passant par Marielle de Sarnez, une douzaine de cadres ou anciens élus Modem ont été mis en examen depuis la mi-novembre dans l'enquête sur les assistants parlementaires de députés européens. L'actuel président du parti centriste risque la même chose à l'issue de son audition face au juge d'instruction.

François Bayrou et les autres cadres du MoDem sont soupçonnés d'avoir utilisé depuis 2017 les fonds publics du Parlement européen destinés à rémunérer les assistants des députés pour payer des personnes occupant des fonctions totalement différentes, principalement au sein du parti centriste.

Ainsi, au lieu d'assurer des missions parlementaires auprès des élus, l'un de ces assistants a notamment déclaré avoir été responsable des réseaux sociaux du MoDem. D'autres expliquent avoir passé la plus grande partie de leur temps à écrire un livre de Marielle de Sarnez.

Une enquête ouverte depuis 2017

Corinne Lepage, cofondatrice et ancienne vice-présidente du MoDem et ancienne députée européenne, avait dénoncé publiquement cette affaire.

"Quand j'ai été élue, le MoDem m'avait demandé de mettre un assistant à disposition, ce que j'ai refusé de faire. Sur l'organigramme, celle qui apparaissait comme secrétaire de François Bayrou était considérée comme une attachée parlementaire de Marielle de Sarnez", explique-t-elle à BFMTV.

Une enquête préliminaire avait été ouverte en juin 2017 pour abus de confiance et recel, escroquerie et détournement de fonds publics. Elle avait abouti à la démission de François Bayrou, alors garde des Sceaux, de Marielle de Sarnez, ministre des Affaires européennes, et de Sylvie Goulard, à la tête du ministère des armées.

Marielle de Sarnez, mise en examen et témoin assisté

La vice-présidente du MoDem Marielle de Sarnez a été mise en examen mercredi pour détournement de fonds publics concernant le contrat d'une ancienne assistante. L'ex-eurodéputée a en revanche échappé à la mise en examen dans les dossiers de contrats de cinq autres assistants examinés par les juges et été placée sous le statut intermédiaire de témoin assisté.

"La procédure lui donne désormais les moyens d'intervenir activement dans l'enquête", ont réagi auprès de l'AFP ses avocats, Pierre Casanova, Christophe Ingrain et Paul Mallet. "Marielle de Sarnez démontrera que l'infraction qui lui est reprochée est sans fondement", ont-ils ajouté.

François Bayrou conteste ces accusations

Pour le moment, François Bayrou et Marielle de Sarnez contestent ces accusations. En septembre dernier, le président du MoDem avait déjà été entendu par la police. "Les preuves existent, tout ça était un mensonge", avait-il alors déclaré. Il y a quelques jours, il avait également assuré à BFMTV que "tout le monde est mis en examen ou à peu près dans la vie politique française".

Une quinzaine de membres du MoDem devraient être poursuivis par les juges dans cette affaire.

Le MoDem n'est pas la seule formation politique dans le viseur de la justice pour des emplois présumés fictifs au parlement européen. Des enquêtes similaires ont ainsi été ouvertes pour La France Insoumise (LFI) et pour le Front national (FN). Dans cette dernière, une vingtaine de personnes, dont Marine Le Pen, ont été mises en examen.

Juliette Mitoyen, avec AFP