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Visite surprise de Macron en Arabie saoudite: "Il est important de parler avec tout le monde"

Emmanuel Macron aux côtés du prince Mohammed bin Salman, le 9 novembre 2017 au Palais royal saoudien à Ryad

Emmanuel Macron aux côtés du prince Mohammed bin Salman, le 9 novembre 2017 au Palais royal saoudien à Ryad - BANDAR AL-JALOUD / SAUDI ROYAL PALACE / AFP

Emmanuel Macron s'est rendu ce jeudi en Arabie pour discuter avec le prince Mohammed ben Salmane, alors que les tensions sont encore montées ces derniers jours entre Ryad et l'Iran.

Le président français Emmanuel Macron est arrivé ce jeudi soir à Ryad, pour une visite surprise visant notamment à faire baisser la tension entre l'Arabie saoudite et l'Iran.

Emmanuel Macron avait annoncé en début de soirée à Dubaï un déplacement de "deux heures" à Ryad, le temps de rencontrer le jeune prince héritier Mohammed ben Salmane, considéré comme l'homme fort d'Arabie saoudite. Le président français a fait cette escale inattendue au terme d'une visite de 24 heures aux Emirats arabes unis.

Le prince Salmane et son interlocteur ont "discuté des récents développements au Moyen-Orient et de leurs efforts pour la sécurité et la stabilité dans la région, y compris via une coordination dans le combat contre le terrorisme", a précisé l'agence de presse d'Etat saoudienne SPA, après la rencontre, alors qu'aucun commentaire n'avait encore été fait côté français. 

"Important de parler avec tout le monde"

La décision quant à cette visite "a été prise tôt ce matin" jeudi, avait expliqué Emmanuel Macron. "Il est important de parler avec tout le monde", avait-t-il souligné, ajoutant que la France avait un rôle "pour construire la paix".

Il a indiqué qu'il entendait discuter avec le prince héritier saoudien de l'Iran, du Yémen et du Liban, dont le Premier ministre Saad Hariri a brutalement annoncé sa démission samedi à Ryad.

Depuis le week-end dernier, le ton est encore monté entre l'Iran et l'Arabie saoudite. Au coeur des nouvelles tensions, le sort du Liban mais aussi du Yémen, en proie à un conflit meurtrier où les deux poids lourds du Moyen-Orient soutiennent des camps opposés. Ce pays de la péninsule arabique est le théâtre de la pire crise humanitaire de la planète, selon l'ONU.

Travailler "sur la stabilité régionale"

Sur ce dossier du Yémen, "le président français a condamné l'attaque au missile sur Ryad par les (rebelles) Houthis (NDLR: soutenus par l'Iran), et souligné la solidarité de la France avec le Royaume", a affirmé SPA, l'agence de presse d'Etat saoudienne.

"J'ai entendu des positions très dures" exprimées par l'Arabie saoudite "vis-à-vis de l'Iran, qui ne sont pas conformes à ce que je pense", avait déclaré auparavant Emmanuel Macron lors d'une conférence de presse à Dubaï, avant son départ pour Ryad. 

Or, a-t-il ajouté, "il me semble primordial de travailler avec l'Arabie Saoudite sur la stabilité régionale, compte tenu des relations bilatérales étroites que nous entretenons".

L'accord sur le nucléaire iranien "doit être préservé"

Emmanuel Macron veut aussi préserver l'accord sur le nucléaire iranien de 2015, par lequel Téhéran s'est engagé à ne pas se doter de l'arme atomique en échange d'une levée des sanctions économiques. Cet accord a déjà été fragilisé par sa remise en cause par le président américain Donald Trump, proche du roi Salmane d'Arabie saoudite et de son fils, le prince Mohammed. 

Cet accord "doit être préservé" mais "complété avec deux piliers, une négociation sur l'activité balistique de l'Iran, avec des sanctions si besoin, et une discussion stratégique encadrant l'hégémonie iranienne dans toute la région", selon Emmanuel Macron. Il a précisé qu'il entendait toujours se rendre au Liban en 2018.

"Je rappellerai aussi toute l'importance qu'a la stabilité et l'intégrité du Liban", a expliqué le président français, en indiquant que des "contacts informels" avaient été établis avec Saad Hariri. Il a assuré que ce dernier n'avait pas demandé à venir en France, alors que des rumeurs circulaient dans ce sens.

Emmanuel Macron a par ailleurs qualifié de "très fructueuse" sa visite aux Emirats, son premier déplacement au Moyen-Orient depuis son élection. Il a notamment inauguré le Louvre Abu Dhabi, premier "musée universel" dans le monde arabe présenté comme un pont entre les différentes cultures, civilisations et religions. 

C. P. avec AFP