BFMTV

Macron: "Il faut qu'on regarde comment améliorer le chèque énergie"

Après l'annonce de la hausse de la taxation sur les carburants, le chef de l'Etat a estimé que les Français modestes qui sont obligés de prendre leur voiture pour aller travailler devaient être aidés, sur le mode de l'indemnité kilométrique.

Alors que la colère gronde à la suite de l'annonce du gouvernement d'une nouvelle hausse de la taxation sur les carburants, Emmanuel Macron envisage de faire un geste pour les Français modestes qui sont dans l'obligation de prendre leur véhicule pour se rendre sur leur lieu de travail. Interrogé sur Europe 1 ce mardi 6 novembre, le président de la République s'est ainsi engagé à "trouver une solution dans les semaines à venir".

"Je souhaite généraliser les aides pour ceux qui travaillent à plus de 30 kilomètres de leur domicile, comme dans les Hauts-de-France. Je veux que les Français qui sont obligés de prendre leur voiture tous les jours soient aidés, sur le mode de l'indemnité kilométrique", a ainsi déclaré Emmanuel Macron, appelant à "travailler avec les collectivités locales et les employeurs pour aider ces gens-là". "Cette aide sera défiscalisée", a-t-il précisé.

Le 1er janvier 2018, le conseil régional des Hauts-de-France, présidé par Xavier Bertrand, a mis en place une "aide au transport" destinée aux habitants de la région, qui peuvent désormais bénéficier d'une prime mensuelle de 20 euros à certaines conditions: limitée aux salariés et fonctionnaires dont le salaire net doit être inférieur ou égal à deux fois le Smic, cette aide ne peut être accordée qu'aux personnes n'ayant pas accès à des transports en commun et dont le trajet entre leur domicile et leur lieu de travail est supérieur à 30 km.

"Ne pas stigmatiser les gens qui prennent leur voiture"

Interrogé sur la journée de contestation contre la hausse du prix des carburants prévue le 17 novembre prochain, Emmanuel Macron a assuré entendre "les colères légitimes", mais s'est dit "toujours méfiant sur ces grands appels à tout bloquer car on trouve souvent derrière beaucoup de choses qui n'ont rien à voir ensemble, des gens qui veulent mettre le pays à l’arrêt, sans projet pour le pays".

Le chef de l'Etat a rappelé les motivations de cette hausse des taxes : "réduire l’écart entre le diesel et le sans plomb et d'autre part pour pouvoir réinvestir dans de nouvelles énergies". "On doit moins taxer le travail et davantage taxer ce qui pollue", a-t-il estimé, tout en assurant qu'il ne s'agissait pas de "stigmatiser les gens qui prennent la voiture".

Emmanuel Macron a par ailleurs évoqué la nécessité d'améliorer le chèque énergie. Se disant soucieux de la situation des "gens très modestes qui ne peuvent pas se chauffer dignement", le président a estimé qu'il fallait "regarder comment on peut améliorer" ce dispositif. "Il faut aider nos concitoyens les plus modestes qui n'ont pas le choix", a-t-il déclaré.

Mélanie Rostagnat