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Emmanuel Macron "assume parfaitement" la hausse de la taxation sur le diesel

Dans un entretien publié ce lundi, Emmanuel Macron dit comprendre le mécontentement des Français sur la hausse des prix du carburants. Néanmoins sur la question de la taxation du diesel, le président persiste et signe.

Le président Emmanuel Macron "assume parfaitement" la hausse de la taxation sur le diesel tout en comprenant les doutes des Français sur la question du pouvoir d'achat, dans un entretien aux journaux du groupe Ebra à paraître ce lundi.

"J'assume parfaitement que la fiscalité due au diesel soit au niveau de celle de l'essence et je préfère la taxation du carburant à la taxation du travail", souligne le chef de l'État dans cet entretien réalisé dimanche.

"Une hausse liée à 70% au cours du pétrole"

"Les mêmes qui râlent sur la hausse du carburant, réclament aussi qu'on lutte contre la pollution de l'air parce que leurs enfants souffrent de maladies", ajoute Emmanuel Macron, ajoutant que "la hausse du prix à la pompe qu'on constate aujourd'hui est liée à 70 % à celle des cours du pétrole. C'est la réalité".
"Quand je me bats sur le dossier iranien pour que soit respecté l’accord nucléaire, (...) c’est aussi pour éviter que le pétrole monte encore. Tout est lié" assume le président Macron.

"On nous a expliqué pendant des décennies qu'il fallait acheter du diesel et maintenant c'est le contraire. C'est normal que ce soit mal compris", convient le chef de l'État alors que la grogne monte chez les Français sur les questions de la hausse du prix du carburant et du pouvoir d'achat en général.

Dans cet entretien, le chef de l'Etat dit aussi "avoir demandé au gouvernement de trouver de solutions pour qu’avec les employeurs, les salariés qui doivent utiliser au quotidien leur voiture puissent être aidés davantage." "Je préfère la taxation du carburant à la taxation du travail" ajoute-t-il. 

"Mieux vaut que la colère s'exprime"

"Mieux vaut que la colère s'exprime plutôt qu'elle se garde" estime Emmanuel Macron, qui assure comprendre les doutes, la colère et l'impatience des Français: "Je les respecte et je ne dis pas comme par le passé: 'souffrez en silence, ça va aller mieux'."

Le président de la République assume également sa "part de responsabilité". "Je parle aux Français avec mon caractère, avec ma façon de faire. Quand ils sont inquiets, j'ai une part de responsabilité : c'est que je n'explique pas assez bien. Mais j'ai été élu sur un projet clair, sans ambiguïté et j'aurai des comptes à rendre pour longtemps", dit-il.

"On ne peut pas prétendre tout changer en quinze mois, ça prend du temps. En attendant, il faut laisser la fatalité à ceux qui cèdent à la facilité", ajoute le président qui, un an et demi après son arrivée à l'Élysée, est au plus bas dans les sondages.
Jeanne Bulant avec AFP