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Hausse du carburant : le gouvernement inflexible face à la colère des Français

La grogne monte sur les hausses des tarifs du carburants, mais ni le Président de la République, ni le gouvernement ne céderont comme l'ont réaffirmé ce week-end Emmanuel Macron et Edouard Philippe.

La hausse du prix des carburants fait monter le ton. D’un côté, des Français mécontents qui se mobiliseront le 17 novembre prochain avec pour étendard un gilet jaune, de l’autre Emmanuel Macron appuyé par l’ensemble du gouvernement pour défendre ces mesures. En un an, les tarifs à la pompe ont augmenté de 15% pour l’essence et 23% pour le diesel.

La pétition lancée il y a une semaine par Priscillia Ludosky, 32 ans, une habitante de Savigny-le Temple (Seine-et-Marne) pour une baisse des prix continue d’attirer les signataires. Ce lundi matin, plus de 753.000 personnes l’avaient signé. Ce week-end, le buzz a aussi été créé par la vidéo mise en ligne par Jacline Mouraud. Ce "coup de gueule" mis en ligne sur Twitter a été vu par des millions d’internautes, conduisant même Emmanuelle Wargon, secrétaire d’État à l’Écologie, à réagir. Sur le même réseau social, elle affirme qu’il "n'y a aucun complot du gouvernement contre la voiture!"

En voyage au Vietnam, le Premier ministre a également réagi à cette fronde qui prend de l’ampleur. Comme le rapporte Le Parisien, il a rappelé qu’il ne cédera pas sur le dossier en insistant que ce qui compte, c’est "la constance ou alors on envoie un mauvais signal". Et à ceux qui voudraient utiliser ce débat à des fins de politique politicienne, son entourage rappelle que "presque tous les candidats à la présidentielle, notamment à droite, où l’on est le plus virulent aujourd’hui, avaient la taxe carbone dans leur programme".

Ce dimanche, deux députés Les Républicains ont proposé un "chèque carburant" de 100 euros pour compenser la hausse des taxes sur l'essence et le diesel. Le dispositif ne s'adresserait qu'aux Français en province qui n'ont pas accès aux transports en commun.

Emmanuel macron: "J’écoute la colère"

Matignon assure entendre les protestations, mais ne reculera pas. Comme l’a affirmé un conseiller ministériel au Parisien, "le gouvernement n’est pas là pour suivre les mouvements d’opinion, qui peuvent d’ailleurs changer d’un sondage à l’autre".

Même son de cloche pour Emmanuel Macron qui, ce week-end a déclaré que malgré la fronde, il assume totalement les hausses. Et dans un entretien aux Dernières Nouvelles d’Alsace, donné à l’occasion des commémorations de la Grande Guerre à Strasbourg, le Président de la République a déclaré : "Je comprends l’impatience, j’écoute la colère" en ajoutant qu’il "assume parfaitement que la fiscalité due au diesel soit au niveau de celle de l’essence, et je préfère la taxation du carburant à la taxation du travail".

https://twitter.com/PascalSamama Pascal Samama Journaliste BFM Éco