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"Kwassa-kwassa": critiques unanimes après la blague d’Emmanuel Macron

Emmanuel Macron, samedi 3 juin, à Paris.

Emmanuel Macron, samedi 3 juin, à Paris. - CHARLES PLATIAU - POOL - AFP

Jeudi dans le Morbihan, le président a plaisanté au sujet des "kwassa-kwassa", de petites embarcations utilisées par les migrants comoriens souhaitant rejoindre Mayotte.

C'est une plaisanterie malheureuse qui n'en finit pas de faire des vagues. La blague d’Emmanuel Macron sur les "kwassa-kwassa" qui ne servent pas à pêcher mais à "amener du Comorien" à Mayotte continue de susciter de vives réactions ce samedi.

Plusieurs personnalités politiques de gauche ont fait part de leurs malaises via Twitter, à commencer par Cécile Duflot. L’ex-ministre écologiste s’est indignée des propos du chef de l’Etat en soulignant la dimension tragique du phénomène des kwassa-kwassa:

Pierre Laurent, le patron du PCF, a lui rappelé le "devoir d’hospitalité" de la France:

Quant à Jean-Luc Mélenchon, le leader de la France insoumise, a posté une vidéo de son meeting de campagne présidentielle à Marseille, lors duquel il avait rendu hommage aux migrants "morts en mer".

La droite n’est également pas en reste. François Baroin, chef de file de LR pour les législatives, a fait part de sa réprobation auprès de l’AFP.

"Ce n'est pas parce qu’on dit que c’était pour rire qu’on a rien dit. C’était évidemment choquant, encore plus quand on est président", a jugé le député-maire de Troyes en marge d’un déplacement en Corse.

A l’instar de Cécile Duflot, Nadine Morano a dénoncé un "deux poids deux mesures" des médias dans le traitement des propos d’Emmanuel Macron:

Même argumentation du côté de Florian Philippot, le numéro 2 du FN:

"Nous demandons des excuses publiques"

Emmanuel Macron s’est également attiré les foudres du Conseil représentatif des Français d’origine comorienne, qui a "condamné avec la plus grande fermeté les déclarations racistes et déshumanisantes du président Macron". "Nous demandons expressément des excuses publiques du président et qu'il prenne sa responsabilité sur la tragédie qui se déroule sous ses yeux", a demandé le président de cette association, Nassurdine Haidari.

Seul note dissonante au milieu de ces critiques unanimes, le commentaire de Charles Beigbeder. L’homme d’affaires et élu de droite du VIIIe arrondissement de Paris a jugé exagérées les réactions à la plaisanterie du président, au nom du "politiquement incorrect".

Mea culpa du chef de l'Etat

L’entourage d’Emmanuel Macron a admis auprès de BFMTV que sa blague n’était "pas très heureuse", tout en rappelant que le président connait bien le dossier. Sa position est claire: "l'humanité, parce qu'on ne peut décemment pas laisser des gens mourir en mer" et la "fermeté parce qu'il ne peut être question d'accueillir une immigration que la France ne pourrait pas absorber" a fait savoir à BFMTV la même source. 

G. de V., avec AFP