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Hollande: ce qu'il ne fallait pas rater de son grand oral

Evasif sur sa vie privée, Hollande prend un risque politique.

Evasif sur sa vie privée, Hollande prend un risque politique. - -

François Hollande s'est plié mardi à un numéro d'équilibriste, entre annonces économiques, virage politique assumé et rumeurs sur sa relation présumée avec Julie Gayet.

Dans un climat de tumulte médiatique après des révélations de Closer sur sa liaison avec l'actrice Julie Gayet, François Hollande a tenté de reprendre la main et de fixer un cap économique pour l'année 2014, ce mardi lors de sa troisième grande conférence de presse. Que fallait-il retenir de ce grand oral? Tour d'horizon.

> Sur la forme: un président plus sérieux

La scénographie de cette conférence de presse, sous les ors de la salle des fêtes de l'Elysée, était la même qu'en novembre 2012 et mai 2013, avec le président, seul à son pupitre, faisant face au gouvernement au grand complet, aux journalistes et aux caméras. Mais cette fois, le chef de l'Etat est apparu plus sérieux, moins enjoué face à la presse.

> Son ambition: dessiner un vaste projet économique

Dans un propos liminaire d'une demi-heure, François Hollande a d'abord eu à coeur de dessiner une vaste réforme économique, précisant les contours du "pacte de responsabilité" évoqué lors de ses voeux aux Français le 31 décembre. Selon lui, il s'agit rien moins que du "plus grand compromis social depuis des décennies". "J'ai une conviction profonde: si la France veut garder son influence dans le monde (...) alors elle doit impérativement retrouver de la force économique", a lancé François Hollande sur un ton grave.

>> Retrouvez, en détail, ses annonces sur le pacte de responsabilité

> Présenter un souffle "social-démocrate"

Face à une "crise longue, profonde, sans doute sous-estimée, y compris par nous-mêmes", le chef de l'Etat a ensuite appelé à lancer une "bataille" économique et sociale. "Les premiers résultats sont là, ils sont fragiles, trop fragiles", a-t-il concédé. Pour remédier à cette situation, il faut selon lui se démarquer de la philosophie socialiste traditionnelle et agir sur "l'offre". Il entend ainsi supprimer d'ici 2017 les cotisations familiales "pour les entreprises et les travailleurs indépendants", d'un montant total de 30 milliards d'euros. Les économies budgétaires restent aussi de mise. Mais pour éviter les coupes "aveugles", un "Conseil stratégique de la dépense publique" se réunira "chaque mois" autour de lui pour fixer les priorités et "évaluer les politiques publiques".

Une politique de "l'offre", des économies budgétaires, le virage social-libéral du chef de l'Etat est-il confirmé? "Je ne suis pas gagné par le libéralisme, c'est tout le contraire", a estimé François Hollande, qui se définit toujours comme un "social-démocrate".

>> Hollande: "je ne suis pas gagné par le libéralisme"

> Une "victoire" face à Dieudonné

François Hollande a également salué la "victoire" obtenue face à l'humoriste Dieudonné, qui a renoncé la semaine dernière à produire un spectacle accusé de propager un discours antisémite et haineux, à l'issue d'un bras de fer avec le gouvernement.

"Beaucoup s'interrogeaient: était-il possible d'empêcher celui que vous avez cité de faire des spectacles dont une partie du contenu était clairement antisémite? Est-ce qu'il ne fallait pas plutôt laisser faire faute de moyens juridiques?""Le Conseil d'Etat en toute indépendance a dit le droit. Que la liberté d'opinion, que la liberté de création, d'expression doit être partout garantie sauf s'il y a atteinte à la dignité des personnes et trouble à l'ordre public", a souligné François Hollande.

> La polémique Hollande-Gayet n'est pas close

Enfin, François Hollande a promis de clarifier d'ici au 11 février la situation de son couple, qui connaît des "moments douloureux". "Chacun dans sa vie personnelle peut traverser des épreuves, c'est notre cas, ce sont des moments douloureux mais j'ai un principe: c'est que les affaires privées se traitent en privé", a martelé le chef de l'Etat, plusieurs fois questionné sur la révélation par le magazine Closer de sa relation avec l'actrice Julie Gayet. "Ce n'est donc ni le lieu ni le moment de le faire et je ne répondrai à aucune question aujourd'hui sur ce sujet", a insisté le président, ajoutant toutefois que son "indignation" était "totale" vis-à-vis de Closer. La compagne du chef de l'Etat, Valérie Trierweiler, est hospitalisée depuis vendredi. "Elle se repose", a-t-il commenté.

>> Affaire "Closer": ces gestes qui ont trahi Hollande

L'affaire n'étant pas close, elle risque de parasiter encore sa politique économique.

Hélène Favier