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François Hollande et le pape François: deux progressistes sans convergence réelle

Le pape François reçoit le président François Hollande ce vendredi au Vatican.

Le pape François reçoit le président François Hollande ce vendredi au Vatican. - -

Le président français se rend au Vatican vendredi pour rencontrer le pape François. Une visite au cours de laquelle les deux hommes auront l'occasion de mesurer leurs désaccords.

Tous les présidents français font le voyage au Vatican. Le pape n'invite jamais, ce sont les autres qui doivent solliciter une rencontre, ce qui se fait de manière automatique. François Hollande sera donc à Rome vendredi pour un entretien très calibré de trente minutes. Et comme pour chaque audience du pape les sujets ne manquent pas en France, le mouvement des opposants à l'avortement ayant été discrètement soutenu par le pape François.

Les dossiers internationaux comme point commun...

Mais au-delà de la politique intérieure française, il y a la politique extérieure française qui croise celle du Saint-Siège sur les dossiers suivants: Syrie, Liban et Irak d'une part, celui de la Centrafrique de l'autre. Dans tous ces pays, une confessionnalisation extrême place les catholiques et les musulmans dans un face-à-face destructeur.

En Centrafrique, par leur nombre, les catholiques ne craignent rien pour leur avenir collectif. Dans le monde arabe en revanche, en Syrie surtout, la question se pose de manière plus critique. Les menaces et les barbaries des milices djiihadistes envers les chrétiens sont attestées, le Vatican n'en ignore rien. D'ailleurs, le pape s'est déjà exprimé pour l'arrêt des hostilités, ce qui, en apparence, est banalement louable, mais qui revient en fait à accorder une légitimité au régime d'Assad.

... Mais une vision différente sur la Syrie

Le dialogue entre François Hollande partisan de la ligne dure contre Bachar al-Assad et le pape François partisan d'une ligne molle envers ce même Assad est donc significatif. La République française et l'État du Vatican sont tous deux concernés par l'aide aux réfugiés et aux déplacés syriens.

Mais le Vatican n'a pas de soldats (hormis les gardes suisses) et aucune puissance catholique ne vient au secours des chrétiens de Syrie. L'ironie, c'est que la diplomatie et l'armée russes sont sur le terrain, aux côtés de l'armée du régime, or les autorités orthodoxes russes ne sont pas les amis naturels du Vatican!

Un compromis improbable

En somme, la République française est le seul État un tant soit peu catholique à garder une armée digne de son nom sur les divers fronts de guerre. Le pape doit donc nous parler. François Hollande, lui, parlera à l'homme qui appuie les visées conservatrices contre le mariage homosexuel et le maintien de l'IVG.

Les deux hommes ne pourront bricoler un compromis en trente minutes - l'un lâchant sur Assad et l'autre lâchant sur les acquis sociétaux - mais ils pourront au moins reconnaître cette situation. Faute de quoi il restera la photo d'un des présidents les moins religieux qui soient avec le pape si "à la page".

Harold Hyman et journaliste spécialiste de géopolitique