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Enfant syrien mort: "C'est une tragédie mais c'est aussi une interpellation", estime Hollande

François Hollande a réagi jeudi à l'émotion suscitée par la mort d'un jeune enfant syrien qui tentait de franchir la Méditerranée.

La terrible photo d'un enfant syrien de trois ans, découvert mort sur une plage turque, va-t-elle avoir un effet politique? Quelques heures après sa publication dans les médias britanniques, le président François Hollande a réagi à l'émotion suscitée par ce cliché.

"C'est une tragédie mais c'est aussi une interpellation. L'Europe est un ensemble de principes mais aussi de valeurs, notamment le devoir d'accueillir ceux qui sont persécutés. Cette famille était persécutée", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse commune avec Enda Kenny, le Premier ministre irlandais.

"Cette image fait le tour du monde, elle doit aussi faire le tour des responsabilités", a encore affirmé François Hollande.

"Il faut aller plus loin"

"Je pense à ces victimes qui ne sont jamais photographiées, à ces victimes futures si nous ne faisons rien", a poursuivi François Hollande. Si nous ne faisons rien pour lutter contre les causes, il y aura davantage de migrants", a également soutenu le président, avant de s'engager à proposer une série de mesures, de concert avec l'Allemagne -championne d'Europe de l'accueil des demandeurs d'asile-, pour prendre en charge les migrants.

Parmi ces mesures, François Hollande a réclamé "des centres d'enregistrement pour que nous puissions accueillir ces réfugiés ou raccompagner ceux qui n'ont pas vocation à venir sur notre territoire". Puis, "il faudra répartir" les réfugiés.

"Nous avons proposé avec la chancelière allemande, Angela Merkel, un mécanisme permanent et obligatoire", a annoncé François Hollande, précisant que les propositions de Paris et Berlin seront "soumises" le 14 septembre à un conseil des ministres de l'Intérieur de l'UE, avant un sommet européen

"Je considère qu'aujourd'hui, ce qui a été engagé ne suffit plus. (...) Il faut aller plus loin", a poursuivi François Hollande, évoquant sans les nommer les pays européens qui, selon lui, ne faisaient pas suffisamment d'efforts en matière d'accueil des migrants. Et de conclure: "Il est temps d'agir. Nous avons agi, nous allons agir."

De son côté, le ministre français de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, a espéré jeudi soir que les Etats européens aillent vite. Et que chacun des 28 pays membres de l'Union européenne mettent la main à la pâte. "L'Union européenne doit prendre des décisions rapidement", a-t-il déclaré. "Il y a une nécessité de mettre en place des dispositifs de solidarité entre les pays de l'Union européenne concernant les dispositifs d'asile avec une harmonisation de ces politiques d'asile. C'est un souhait formulé par la France et l'Allemagne parce que cinq pays de l'Union européenne accueillent à eux seuls 75% des demandeurs d'asile. La France souhaite une participation de tous les pays, ce qui n'a pas été le cas jusqu'à présent.'

S. C.