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Paris et Berlin veulent contraindre les pays de l'UE à accueillir des migrants

François Hollande et la chancelière allemande Angela Merkel "ont décidé de transmettre dès aujourd'hui (à l'UE) des propositions communes pour organiser l'accueil des réfugiés" en Europe, a annoncé l'Elysée jeudi dans un communiqué.

L'émotion provoquée par la photo d'Aylan Kurdi, ce jeune enfant syrien de trois ans, découvert mort sur une plage grecque, oblige les politiques à accélérer sur la questions des migrants. François Hollande et Angela Merkel, qui se sont entretenus au téléphone jeudi de la crise des migrants, ont ainsi "décidé d'une initiative" commune pour gérer cette situation. Cette mesure vise notamment à "organiser l'accueil des réfugiés et une répartition équitable en Europe".

L'Allemagne et la France sont d'accord sur le principe de "quotas contraignants" pour l'accueil des migrants par les pays de l'Union Européenne, a précisé la chancelière allemande, lors d'un déplacement à Berne en Suisse. Lors d'une conférence de presse commune avec le Premier ministre irlandais, le président français a lui assuré que ces mesures ont été décidées conjointement avec l'Allemagne depuis "plusieurs jours".

Elles seront soumises le 14 septembre à un conseil européen regroupant les ministres de l'Intérieur de chaque pays.

"Ce qui a été engagé ne suffit plus"

"Cette initiative consiste à saisir nos partenaires européens pour que nous puissions mettre en oeuvre une politique d'immigration et d'accueil qui soit digne de ce que nous représentons, qui soit ferme lorsqu'il s'agit de personnes qui n'ont pas vocation à venir ici et qui soit humaine", a détaillé François Hollande. Parmi les mesures préconisées, le chef de l'Etat a indiqué la création de "centres d'enregistrements des réfugiés" mais également la mise en place d'"un mécanisme permanent et obligatoire" d'accueil.

Aujourd'hui, ce qui a été engagé ne suffit plus, a scandé le président de la République. Il y a des pays qui ne répondent pas à leurs obligations morales."

Dans un communiqué la présidence française a assuré que "l'Union européenne doit agir de manière décisive et conformément à ses valeurs". "Les tragédies succèdent aux drames" alors que "des milliers de victimes ont péri depuis le début de l'année", a-t-elle encore relevé.

"Ces hommes et ces femmes, avec leurs familles, fuient la guerre et les persécutions. Ils ont besoin de la protection internationale. Elle leur est due. Les conventions de Genève élaborées au lendemain de la guerre obligent tous les pays. L'Europe doit protéger ceux pour qui elle est le dernier espoir", a insisté l'Elysée.

Et si "d'autres tentent d'améliorer leurs conditions matérielles par des voies irrégulières, ils doivent être raccompagnés, dans la dignité". 

"Rapprocher les normes"

"J'ai parlé ce matin au président français, la position franco-allemande que nous allons transmettre aux institutions européennes est que nous sommes d'accord que nous devons obéir à des principes de base, à savoir que ceux qui ont besoin de protection (...) la reçoivent et que nous avons besoin de quotas contraignants au sein de l'Union Européenne pour se partager les devoirs, c'est le principe de solidarité", avait indiqué un peu plus tôt Angela Merkel lors d'une conférence de presse pendant un déplacement en Suisse.

Il s'agit aussi de "rapprocher les normes pour renforcer le système d'asile européen, assurer le retour des migrants irréguliers dans leur pays d'origine, et apporter le soutien et la coopération nécessaires avec les pays d'origine et de transit".

la rédaction avec AFP