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Enfant syrien mort: ces photos qui touchent plus que les mots

En 1972, la photo de la petite Vietnamienne courant nue et hurlant sa douleur avaait choqué la planète entière.

En 1972, la photo de la petite Vietnamienne courant nue et hurlant sa douleur avaait choqué la planète entière. - Dogan new agency - AFP (photo de gauche) Nick Ut - AP (droite)

La photo du petit Syrien noyé en tentant de traverser la Méditerranée avec sa famille fait le tour du monde et commence à toucher la classe politique. Après un été entier où les médias ont raconté des destins similaires, un cliché peut-il faire la différence?

Bernard-Henri Lévy en est persuadé: "il y a des photos qui ont cette vertu paradoxale de réveiller les opinions", et celle du corps d'un petit Syrien échoué sur une plage en Turquie en fait partie.

Aylan Kurdi, 3 ans, est mort dans le naufrage d'une embarcation en tenant de rejoindre l'Europe. Son frère Galip, 5 ans, et sa mère faisaient également partie des 12 corps repêchés sans vie mercredi.

Son destin tragique est comparable à celui de milliers de réfugiés, plus de 2.643 personnes ont péri en traversant la Méditerranée depuis janvier. Les images d'embarcation se sont succédé tout l'été dans les médias mais ce cliché semble se démarquer.

"Si ces photos d'un enfant mort ne vous font pas changer, qu'est-ce qui le fera", interroge le quotidien britannique The Independant.

Manuel Valls lui-même a repris un cliché de la série sur lequel on voir le corps de l'enfant dans les bras d'un policier turc. Et de tweeter: "Il avait un nom : Aylan Kurdi. Urgence d'agir. Urgence d'une mobilisation européenne."

En 1972, une autre photo avait fait le tour du monde et symbolisé l'horreur. Celle de la petite Kim Phuc. Elle avait 9 ans quand un avion sud-vietnamien avait largué, par erreur, des bombes au napalm sur son village. Le feu avait grillé ses vêtements, sa peau et sa queue de cheval. Le photographe de 21 ans à peine, Nick Ut, avait assisté à cette catastrophe, prit la photo et couru chercher une serviette.

En 1989, lors du massacre place Tiananmen à Pékin, le cliché d'un homme qui arrête tout seul une colonne de char a marqué les esprits.

D'autres photos deviennent des symboles sur le tard comme celle d'un petit garçon, mains en l'air prise lors de la répression de l’insurrection juive qui se déroula du 19 avril au 16 mai 1943 dans le ghetto de Varsovie.

Arrestation dans le ghetto de Varsovie
Arrestation dans le ghetto de Varsovie © NARA / Le Mémorial de Caen

En 1993, la photo "la fillette et le vautour", prise au Soudan par le photographe sud-africain Kevin Carter, était devenue un symbole de la famine en Afrique.

Mais les photos n'ont pas toujours de poids sur les événements. Ainsi, au festival "Visa pour l'image" à Perpignan, le photographe somalien, Mohamed Abdiwahab, témoigne du quotidien de terreur et de pauvreté qui règne dans son pays. Attentats, famine, le peuple somalien souffre depuis près de 25 ans. Une exposition contre l’oubli.