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Emmanuel Macron au Sahel pour mettre en place une force antijihadiste

Les présidents du Burkina Faso, de la Mauritanie, de la France, du  Mali, du Tchad et du Niger.

Les présidents du Burkina Faso, de la Mauritanie, de la France, du Mali, du Tchad et du Niger. - Christophe Archambault - AFP

Le président de la République française participe ce dimanche au G5 Sahel qui se tient à Bamako, au Mali. "Nous avons chaque jour à affronter des terroristes, des voyous, des assassins", a déploré Emmanuel Macron.

Une réunion pour afficher son opposition au jihadisme. Les chefs d'État de cinq pays du Sahel, le Mali, le Tchad, la Mauritanie, le Bukina Faso et le Niger se réunissent dimanche à Bamako pour concrétiser leur projet de force régionale contre les groupes jihadistes. Une alliance qu'il reste toutefois à financer. Le président français, Emmanuel Macron, était présent.

L'objectif est de lutter ensemble contre les attaques jihadistes qui visent le Mali et gagnent les Etats voisins, en pouvant poursuivre leurs auteurs au-delà des frontières, avec un démarrage sur le terrain avant la fin de l'année. Le sommet vise à définir concrètement les modalités de cette force, et le président français a annoncé un soutien surtout en équipements, selon l'Elysée.

Un financement à 423 millions d'euros

Les dirigeants du G5 Sahel sont convenus d'un budget de 423 millions d'euros. "Chacun de nos Etats va faire l'effort de 10 millions d'euros", a souligné Ibrahim Boubacar Keïta, le président malien. L'Union européenne (UE) a déjà promis 50 millions d'euros, "l'amorce d'un engagement dans la durée" que compte favoriser Paris, selon le président français. "La question du financement a pris la plus grande place, presque tout le temps" des discussions à huis clos, a relevé le président du Mali.

La France apportera, par ailleurs, 70 véhicules tactiques et un appui opérationnel, a indiqué le président français. "Sur le volet militaire, c'est un effort équivalent à plus de 8 millions d'euros que nous consacrons d'ici la fin de l'année", a-t-il dit. Emmanuel Macron a salué "une dynamique, un mouvement de fond que la France est fière d'accompagner", qualifiée d'"alliance pour le Sahel". Le chef de l'Etat a ajouté avoir "bon espoir que le 13 juillet", le Conseil franco-allemand à Paris permette aux deux pays d'"annoncer des engagements communs autour de cette alliance". Outre l'Allemagne, le président français pourrait tenter de convaincre Donald Trump de mettre la main à la poche.

"Ces gens ne sont rien"

L'idée d'une force régionale, soutenue par Paris, avait été relancée le 6 février lors d'un sommet à Bamako. Elle doit démarrer avec environ 5.000 hommes fournis par les cinq pays, qui ambitionnent de doubler cet effectif à terme. "Le poste de commandement de cette force sera basé au centre du Mali, à Sévaré", a indiqué le général Didier Dacko, chef d'état-major de l'armée malienne avant d'être nommé en juin à la tête de la force du G5.

Dans un nouveau geste de défi aux dirigeants du G5, la principale alliance jihadiste du Sahel, liée à Al-Qaïda, a diffusé samedi, veille du sommet, une vidéo montrant six étrangers enlevés au Mali et au Burkina Faso entre 2011 et 2017: une Française, une Colombienne, un Sud-Africain, un Roumain, une Suissesse et un Australien. Cette même alliance a revendiqué l'attentat du 18 juin contre un lieu de villégiature proche de Bamako, qui avait fait cinq morts, en plus de quatre assaillants tués.

"Ces gens ne sont rien, ce sont des terroristes, des voyous et des assassins", a -t-il alors martelé.

J.C. avec AFP