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Des spécialistes de la lutte contre le terrorisme s'engagent pour Macron

Jean-Louis Bruguière, ancien juge antiterroriste, soutien d'Emmanuel Macron.

Jean-Louis Bruguière, ancien juge antiterroriste, soutien d'Emmanuel Macron. - AFP

L'ancien juge antiterroriste Jean-Louis Bruguière, en tête, et six autres figures de la lutte contre le terrorisme jihadiste, ont publié un texte pour alerter sur les dangers que représenterait une élection du Front national. Selon eux, "Marine Le Pen n'a que des propos excessifs et démagogiques".

C'est un thème sur lequel les finalistes au second tour de l'élection présidentielle se sont affrontés violemment lors du débat de mercredi soir. Marine Le Pen et Emmanuel Macron se sont livrés à un duel sur la lutte contre le terrorisme. La première a accusé son adversaire de n'avoir aucune proposition sur le sujet, quand le second a déploré l'inefficacité des mesures prônée par sa rivale. Sept spécialistes de la question estiment que c'est le candidat d'En Marche! qui remporte ce match et appelle clairement à voter pour lui.

"C'est bien Emmanuel Macron qui montre une vraie détermination contre le terrorisme", écrivent, dans un texte publié par L'Obs, Jean-Louis Bruguière, ancien juge antiterroriste, Jean-Claude Cousserand, ancien directeur général de la Sécurité extérieure, Michel Debacq, ancien procureur antiterroriste, Jean-Michel Fauvergue, ancien chef du Raid qui a lui rejoint l'équipe d'En marche!, Jacques Fournet, ancien directeur de la Surveillance du territoire, Ange Mancini, ancien coordonnateur national du Renseignement, René-Georges Querry, ancien chef de l'Unité de coordination de la lutte antiterroriste (UCLAT).

Une "ligne rouge" à ne pas franchir

Plus qu'un véritable soutien au candidat d'En Marche!, les signataires de cet appel mettent en avant les risques d'une élection de Marine Le Pen alors que "parmi les Etats du monde, la France est un des plus exposés à la menace jihadistes". "Les surenchères sécuritaires font le jeu de Daech et des autres organisations djihadistes, qui cherchent à ébranler notre société, à rompre le pacte civil, à opposer les français les uns aux autres, à les opposer aux étrangers, au final à détruire une démocratie qu’elles exècrent", préviennent ces magistrats, policiers ou anciens préfets.

Poursuivant, ces spécialistes préviennent qu'"en cédant aux sirènes de l'exception et de la démesure, le risque est grand de violer sans vergogne nos valeurs fondamentales et d'alimenter la propagande de Daesh". 

"Cette ligne rouge ne doit pas être franchie. En la franchissant, Madame Le Pen entre dans le jeu des organisations djihadistes, et c’est notre pays qu'elle met ainsi en péril!", alertent les signataires en hélant directement la candidate du Front national.

Détecter les "signaux faibles"

Face à Marine Le Pen et ses "propos excessifs et démagogiques", ses "propositions tout aussi dangereuses qu'inefficaces", "Emmanuel Macron veut mettre en oeuvre une stratégie globale de lutte contre le terrorisme, et c'est bien cette stratégie, dont il vient de rappeler les principaux axes, qui est la seule efficace", estiment-ils assurant d'avoir "le gage" avec le candidat d'En Marche! "d'une action responsable".

En s'immisçant dans cette campagne présidentielle, Jean-Louis Bruguière, Michel Debacq, Jean-Michel Fauvergue, qui ont déjà apporté leur soutien à Emmanuel macron, Jean-Claude Cousserand, Jacques Fournet, Ange Mancini, René-Georges Querry livrent également leurs pistes à développer par le futur président pour lutter contre le terrorisme. Selon eux, il faut d'abord frapper là où les organisations terroristes sont implantées pour "réduire les bases logistiques" dont elles jouissent. Pour cela, ils appellent "chaque membre de la communauté internationale" à s'engager. 

Ils aspirent également à la mise en place "de nouveaux outils, en particulier dans la lutte contre le cyberterrorisme et le financement du terrorisme", au niveau européen. Enfin, les spécialistes appellent à une meilleure coordination entre les différents services de l'Etat qui luttent contre le terrorisme. Il faudrait, selon eux, "revoir l'articulation opérationnelle entre le renseignement, les services de police et l’appareil judiciaire pour mieux détecter, sur l'ensemble du territoire, le plus en amont possible, les "signaux faibles".

J.C.