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Baromètre des éditorialistes: "Le tout contre Macron, ça peut être le scénario de ce soir"

Lundi soir, cinq candidats à l'élection présidentielle se retrouvent pour débattre sur le plateau de TF1. Une première pour Emmanuel Macron, qui "sera sans doute la cible des quatre autres", note Laurent Neumann, éditorialiste à BFMTV.

C'est le début de la campagne. Rendez-vous attendu, le débat opposant cinq des onze candidats aura lieu lundi soir sur le plateau de TF1. L'occasion pour les prétendants à la présidentielle d'opposer leurs idées. Match dans le match, l'affrontement pourrait tourner au "tous contre Macron", alors que le candidat d'En Marche! apparaît comme le grand favori. Laurent Neumann et Christophe Barbier, nos deux éditorialistes, analysent les enjeux du débat de ce lundi soir.

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> Laurent Neumann: "Les favoris ont le plus à perdre"

"Ceux qui ont le plus à gagner c’est forcément ceux qui sont en retard pour pouvoir se qualifier pour le second tour. C’est Benoît Hamon qui doit absolument lancer sa campagne. Il a commencé et plutôt de belle manière lundi à Bercy mais qui doit faire oublier le vote utile pour Emmnauel Macron. C’est François Fillon qui doit faire oublier les affaires. C’est Jean-Luc Mélenchon qui doit démontrer qu’il a le programme et la personnalité pour devenir président de la République. Et ceux qui ont le plus à perdre dans cette histoire, ce sont les favoris. Vous avez vu le sort que les électeurs réservent aux favoris, ce qui s’est passé à la primaire de la droite, puis à celle de la gauche.  Et les favoris c’est qui? C’est Marine Le Pen et Emmanuel Macron avec quand même une particularité pour Emmanuel Macron, et il s’y prépare, c’est que ce lundi soir, il sera sans doute la cible des quatre autres candidats. Ceux de la gauche, Benoît Hamon en particulier qui doit faire la démonstration que le vote utile pour Emmanuel Macron n’est pas la bonne solution. Il va être aussi la cible de François Fillon qui doit rattraper son retard et de Marine Le Pen qui va faire la démonstration qu’entre Emmanuel Macron et François Hollande, il n’y a pas de différence.

Pour Emmanuel Macron, c’est la première fois qu’il participe à un tel débat avec un risque pour lui, parce qu’il est favori, c’est d’adopter la posture d’Alain Juppé. Vous vous souvenez d’Alain Juppé pendant les débats? Il n’avait participé absolument à aucune attaque frontale. Il regardait passer les ballons sans jamais en prendre un pour marquer un but. Et à l’arrivée, il a perdu et son statut de favori s’est envolé.

C’est très important ce qu’il va se passer lundi soir, car en réalité c’est le début de la campagne. Tout peut arriver. Il y a une telle indécision chez les électeurs que ces débats télévisés vont être absolument cruciaux."

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> Christophe Barbier: "le tout contre Emmanuel Macron, le scénario de ce débat?"

"C’est Emmanuel Macron qui a le plus à perdre. Risque numéro 1: s’énerver, être arrogant, être le bon élève qui en fait trop. Risque numéro 2: déraper, dire une petite phrase qui crée la polémique comme sur la décolonisation. Risque numéro 3: être froid, être tiède, être tétanisé, se mettre en position de favori qui ne bouge pas. Un peu comme Alain Juppé avait choisi de changer les débats de la primaire à droite. Le tout contre Emmanuel Macron, ça peut être le scénario de ce lundi soir.

La posture de François Fillon, d’homme d’expérience, d’homme d’Etat va jouer pour lui. Mais attention, depuis, il y a eu les affaires. Donc François Fillon, c’est l’homme à qui on a envie de demander des explications. Pas sur la marche le monde mais sur ce qu’il a fait. Même si les autres candidats décident de neutraliser le front des affaires, il était dans la primaire, l’homme qui proposait des sacrifices aux autres. Là il va être ce lundi soir l’homme qui propose des sacrifices à une bonne partie de l’électorat français, c’est beaucoup plus difficile à vendre.

Benoît Hamon doit être l’homme des idées neuves. Il ne peut pas continuer à vivre sur le revenu universel qui lui a fait sa primaire. Il doit ce lundi soir surprendre en proposant des idées neuves. Il n’a pas proposé grand-chose dans son meeting de dimanche. Peut-être garde-t-il ses cartouches programmatiques pour ce débat. Pour Mélenchon, il doit convaincre les prolétaires que la bonne colère, la colère féconde, elle n’est pas dans le vote pour Marine Le Pen. Sauf que ça fait plus de cinq ans qu’il poursuit ce rêve là et il n’y arrive pas."

J.C.