BFMTV

Le baromètre des éditorialistes - Hamon, un programme "réellement enrichi", mais des "angles morts"

-

- - BFMTV

Les éditorialistes de BFMTV analysent le programme de Benoît Hamon, que le candidat du PS à l'élection présidentielle a dévoilé dans le détail pendant plus d'une heure, ce jeudi.
-
- © -

> Laurent Neumann: "Il y a un angle mort sur la manière dont Benoît Hamon compte financer son programme"

"C'est assez rare qu'un candidat à l'élection présidentielle rentre à ce point dans les détails en présentant son programme. Benoît Hamon nous présente aujourd'hui un programme pour un 'futur désirable' mais qu'il veut absolument possible. Et c'est le rôle de cet exercice: montrer que tout ce qu'il propose est possible, en sachant que depuis le début de sa campagne, il y a clairement un doute. Il veut être le candidat du pouvoir d'achat, de la feuille de paye et de la vie quotidienne.

Il n'a oublié aucun sujet: il a parlé des jeunes, des personnes âgées, des personnes dépendantes, handicapées, il a parlé de tous les domaines, justice, police, sécurité, Europe, défense, a évoqué beaucoup d'augmentations, de dépenses et de promesses, mais pas un mot sur la manière dont ce programme est financé.

On y retrouve tout l'ADN du programme de Benoît Hamon, enrichi des principales mesures de ses adversaires à la primaire, notamment la nationalisation temporaire d'Arnaud Montebourg, les allocations familiales dès le premier enfant de Vincent Peillon. C'est un programme réellement enrichi, réellement de gauche, où il y a quand même un angle mort sur la manière dont il compte financer tout cela".

-
- © -

> Emmanuel Lechypre: "Plus une présentation d'un candidat à la direction du PS que celle d'un candidat à la présidentielle"

"Benoît Hamon a fait un catalogue, qui est un exercice assez inédit, mais n'a pas dit un mot sur le financement. On était en rase-motte tout le temps, il n'y avait pas vraiment de perspective. Certaines propositions sont beaucoup plus importantes et emblématiques que d'autres, ce qui donne l'impression que tout était mis sur le même plan: il y a eu des propositions en faveur de l'emploi, et à peu près au même niveau l'accès au très haut débit et le plan de rénovation urbaine. C'était une espèce d'inventaire à la Prévert. Et finalement, davantage une présentation d'un candidat à la direction du Parti socialiste que celle d'un candidat à la présidentielle.

Ses propositions sur la fiscalité vont pénaliser moins qu'aujourd'hui les classes les plus modestes, mais beaucoup plus qu'aujourd'hui les classes les plus favorisées. Le problème c'est qu'avec ces propositions, Benoît Hamon va faire fuir tous les riches. On a le sentiment qu'il a éliminé de sa présentation tous les sujets qui pouvaient fâcher, tous ceux qui pourraient effrayer les entreprises. Il a voulu donner beaucoup de gages à sa clientèle de gauche, mais les gros oubliés de cette présentation sont ceux à qui l'on va devoir présenter la facture un peu plus tard". 

dossier :

Benoît Hamon

A.S.