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Après la présidentielle, la bataille pour les législatives est lancée

Quelques heures après avoir remporté la présidentielle, Emmanuel Macron va devoir se lancer dans une nouvelle bataille: celle des législatives. Pourra-t-il compter sur le PS? Des alliances sont-elles envisageables avec Les Républicains? L'enjeu est de taille pour le nouveau président: il doit obtenir la majorité à l'Assemblée s'il souhaite mener à bien son projet.

C'est en quelque sorte les troisième et quatrième tours de la présidentielle. Les 11 et 18 juin prochains se tiendront les élections législatives. Une nouvelle bataille électorale en vue pour le candidat d'En Marche qui a remporté dimanche soir la course à l'Élysée avec 66% des voix. Car le défi pour Emmanuel Macron est de parvenir à obtenir une majorité à l'Assemblée nationale s'il souhaite mener à bien ses réformes. Et le challenge est de taille.

Les investitures d'En Marche!

Benjamin Griveaux, le porte-parole d'En marche! l'a confirmé dimanche soir sur RTL: il y aura bien 577 candidats "La République en marche!", bannière sous laquelle les candidats aux législatives du mouvement du nouveau président vont se présenter. Si Emmanuel Macron a eu trois ans pour se faire connaître des Français, il n'en sera pas de même de ses candidats aux législatives. Les candidatures devront d'ailleurs être déposées entre les 15 et 19 mai, avant l'ouverture officielle de la campagne le 22. La moitié d'entre eux devraient d'ailleurs être issus de la société civile, comme le souhaite le chef des "marcheurs". Mais seuls 14 candidats ont pour l’instant été officiellement investis par le mouvement de l'ancien ministre de l'Économie.

Seuls les candidats ayant obtenu au moins 50% des suffrages exprimés seront directement élus. Si aucun candidat n'atteint ce seuil lors du premier tour, ceux ayant obtenu un nombre de suffrages au moins égal à 12,5% des inscrits accéderont au second tour. Alors que l'Assemblée nationale compte 577 députés, Emmanuel Macron aura donc besoin de 289 représentants pour obtenir une majorité. S'il ne l'obtient pas, il devra procéder à un remaniement et nommer un Premier ministre appartenant à la famille politique victorieuse.

Selon deux sondages Kantar Sofres-Onepoint et Harris Interactive publiés dimanche soir, le mouvement d'Emmanuel Macron arrive pourtant en tête des intentions de vote pour le premier tour des élections législatives. En Marche! recueillerait entre 24% et 26% des intentions de vote, devant Les Républicains (22%), le Front national (21 à 22%), la France Insoumise de Jean-Luc Mélenchon (13% à 15%) et le PS (entre 8 et 9%).

La droite se chamaille

  • Les Républicains pourraient-ils conclure des alliances avec Emmanuel Macron? Si la droite espère décrocher une majorité et imposer une cohabitation au nouveau locataire de l'Élysée, certains envisagent pourtant de rejoindre Emmanuel Macron. Comme Bruno Le Maire. Interrogé sur BFMTV, le député LR de l'Eure s'est déclaré prêt à travailler dans une majorité autour d'Emmanuel Macron.

"Après, c'est mon parti qui fera le choix qu'il voudra bien faire, mais entre une logique partisane et une logique d'intérêt général, entre une logique sectaire et une logique au service de la nation, mon choix est fait depuis très longtemps. L'heure est trop grave pour le sectarisme et le côté partisan, l'heure est à la France et à l'intérêt général."

Christian Estrosi, le président de la région PACA, a été le premier cadre des Républicains à avoir appelé à soutenir Emmanuel Macron au soir du premier tour. Xavier Bertrand, le président des Hauts-de-France, est quant à lui considéré comme l'un des possibles Premier ministre du nouveau président.

Mais François Baroin a d'ores et déjà mis en garde Bruno Le Maire: s'il entre au gouvernement, il aura un candidat LR face à lui. Le sénateur de l'Aube, qui mènera la campagne des Républicains pour les législatives, s'est dit prêt dimanche soir à se "battre" pour que la droite ait "une majorité absolue" lors du scrutin de juin et à devenir Premier ministre si ce scénario se concrétise. "Je serai donc un opposant constructif mais sans concession", a-t-il poursuivi.

Jean-Luc Mélenchon prêt pour la bataille

Le leader des insoumis compte peser lors du scrutin du mois de juin. "Une nouvelle majorité parlementaire est possible autour de nous", a affirmé dimanche soir Jean-Luc Mélenchon après la victoire d'Emmanuel Macron à la présidentielle. Celui qui n'avait pas donné de consigne de vote pour ce second tour a appelé "tous ceux qui veulent rompre avec le passé à se joindre" à la France insoumise. 

"Les élections législatives doivent montrer qu'après un vote de refus et de peur, il est temps de faire un choix positif", a estimé lors d'une brève allocution le leader de la France insoumise, arrivé en quatrième position au premier tour de la présidentielle avec 19.60% des voix.

Quelle position pour le PS?

Le nouveau président pourra-t-il compter sur les socialistes pour former sa majorité? Après l'élection d'Emmanuel Macron, le PS se trouve à l'heure des choix: doit-il appartenir à la majorité d'Emmanuel Macron? À l'opposition? Pour l'heure, ses responsables ont fait le choix d'une solution médiane. Pas question pour le Premier ministre, Bernard Cazeneuve, de se draper dans une posture d'opposant face à Emmanuel Macron. Il a invité les socialistes à être "disponibles" pour "faire réussir" le nouveau président.

Dans une série de tweets, l'ancien Premier ministre Manuel Valls a pour sa part appelé dimanche à bâtir "une majorité présidentielle large et cohérente à l'Assemblée". 

Malek Boutih, député PS de l'Essonne, va même plus loin. Sur BFMTV, il a déclaré souhaiter se présenter sous les couleurs du mouvement En Marche!

Ce n'est pas le point de vue de Benoît Hamon, le candidat socialiste qui a recueilli un peu plus de 6% des voix au premier tour. Ce dernier a semblé vouloir disputer à Jean-Luc Mélenchon le costume de premier opposant de gauche en appelant à un "maximum de candidatures d'union à gauche" pour les législatives, mélenchonistes compris. Stéphane Le Foll a également écarté tout rapprochement avec le mouvement d'Emmanuel Macron. "J'ai quand même un peu d'honneur! Je ne suis pas là pour aller quémander auprès d'En Marche!" a-t-il déclaré dimanche. Il leur reste une semaine pour se mettre d'accord.

Céline Hussonnois-Alaya