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Abstention, vote nul, vote blanc: 1 Français sur 3 a refusé de choisir entre Macron et Le Pen

Des supporters d'Emmanuel Macron sur l'esplanade du Louvre le 7 mai 2017

Des supporters d'Emmanuel Macron sur l'esplanade du Louvre le 7 mai 2017 - Eric Feferberg-AFP

Entre les abstentionnistes, ceux qui ont choisi de glisser un bulletin blanc dans l'urne ou le vote nul, plus de 16 millions d'électeurs ont refusé de donner leur voix à Emmanuel Macron ou Marine Le Pen. Un record.

C'est un record. Entre l'abstention, les votes blancs et nuls, plus d'un Français sur trois a refusé de choisir dimanche entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen. Au total, en plus des quelque 12 millions d'abstentionnistes, plus de 4,2 millions des électeurs qui se sont déplacés -ils étaient deux fois moins nombreux en 2012- ont mis un bulletin blanc ou nul dans l'urne. 

Selon plusieurs instituts de sondages, 12% des votants ont choisi de voter blanc ou nul, ce qui représente 9% des inscrits. Au premier tour, ce taux était largement inférieur et n'était que de 2%. Dans le détail, le vote blanc est à 8,4% et le nul à 3,6% parmi les votants.

"Le vote blanc est revendiqué comme de l'abstention civique, cela manifeste un attachement à l'exercice du droit de vote tout en renvoyant dos-à-dos les candidats", a estimé Anne Jadot, maître de conférences en science politique à l'université de Lorraine.

Ils refusent de choisir entre deux candidats qu'ils "rejettent"

Selon un sondage Opinion Way, 27% des électeurs de Nicolas Dupont-Aignan ont voté blanc ou nul, tout comme 25% de ceux de Jean-Luc Mélenchon, 21% de ceux de François Fillon et enfin 9% de ceux de Benoît Hamon.

"Même s'il y a eu beaucoup de discussions passionnées, notamment à gauche sur les réseaux sociaux, le discours culpabilisateur à l'égard des électeurs de Jean-Luc Mélenchon qui comptaient s'abstenir ou voter blanc a peu fonctionné", a jugé Anne Jadot.

Le précédent record datait du second tour de 1969, où 6,42% des votants avaient refusé de choisir entre deux candidats de droite, Georges Pompidou et Alain Poher. Un scrutin déjà marqué par une abstention record à 31,4%. 

La présence de l'extrême droite ne provoque pas de "surmobilisation"

C'est seulement depuis la loi de 2014 que les bulletins blancs et nuls sont comptabilisés séparément dans les résultats officiels du ministère de l'Intérieur. Selon un sondage Ipsos-Stéria, 51% de ceux qui ont voté blanc l'ont fait parce qu'ils refusaient de choisir entre deux candidats qu'ils "rejettent totalement". Pour 39% d'entre eux, ce vote ne manifeste pas un rejet mais "aucun ne correspond à leurs idées". Enfin, 10% considéraient qu'un vote ne servait à rien, la victoire d'Emmanuel Macron étant certaine.

C'est également la première fois depuis 1969 que le taux de participation au second tour est inférieur à celui du premier. "La présence de l'extrême droite au second tour n'a pas provoqué de surmobilisation par rapport au premier tour contrairement à ce qui s'était passé en 2002. Il n'y a pas eu d'effet de choc car sa présence était attendue", a souligné Anne Jadot.

En 2002, l'abstention avait atteint un niveau record de 28,4% au premier tour. Mais la présence de Jean-Marie Le Pen au second tour avait ensuite mobilisé massivement les électeurs hostiles au candidat du Front national, provoquant une chute de l'abstention à 20,3%.
Céline Hussonnois-Alaya avec AFP