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Municipales: LR choisit Martine Vassal à Marseille, Bruno Gilles envisage de faire dissidence

La présidente LR du département des Bouches-du-Rhône, Martine Vassal.

La présidente LR du département des Bouches-du-Rhône, Martine Vassal. - Christophe SIMON / AFP

Par 27 voix contre 11, la Commission nationale d'investiture des LR a tranché en faveur de la présidente de la métropole Aix-Marseille-Provence et du département des Bouches-du-Rhône. Elle est notamment soutenue par le maire sortant de Marseille, Jean-Claude Gaudin.

Ville ancrée à droite, Marseille risque de poser plus de soucis que prévu aux Républicains. Le parti de Christian Jacob a tranché mercredi sur l'épineux dossier phocéen en choisissant Martine Vassal pour les élections municipales, plutôt que son rival Bruno Gilles qui a immédiatement fait savoir qu'il continuerait sa campagne.

La Commission nationale d'investiture (CNI) a apporté son soutien à la présidente de la métropole Aix-Marseille-Provence et du département des Bouches-du-Rhône, par 27 voix contre 11. Ces dernières ont été accordées à Bruno Gilles, 58 ans, sénateur et président de l'influente fédération LR des Bouches-du-Rhône.

"Crève-cœur"

Dans un communiqué, Bruno Gilles a immédiatement fait part de sa "déception", voire d'"un crève-coeur": "Je poursuivrai ma campagne" pour être "ce maire à plein temps que la population réclame", a-t-il ajouté, en regrettant que "le poids du système" l'ait emporté. Il bénéficie notamment du soutien de Renaud Muselier, président de la Région Provence-Alpes-Côté d'Azur.

Martine Vassal, 57 ans, adoubée par le maire sortant Jean-Claude Gaudin, resté un quart de siècle aux manettes de Marseille, était soutenue par quelque 90 élus locaux et donnée devant son rival dans les sondages. Elle avait déjà reçu dans la matinée le soutien du mouvement Libres! de Valérie Pécresse.

"Je ne me résous pas à ce que (Bruno Gilles) porte une candidature dissidente de celle de notre famille politique et (je) l'appelle à me rejoindre pour associer nos forces et nos idées au service des Marseillaises et des Marseillais", a-t-elle déclaré dans un communiqué publié mercredi soir.

"J'ai toujours fait preuve d'ouverture et appelle au rassemblement pour faire réussir Marseille. L'avenir de Marseille exige la mobilisation de tous, dans l'union, seule garante du succès pour donner un nouvel élan à notre ville", a insisté Martine Vassal.

Les sénatoriales, la carotte de Gilles?

"C'est une décision de sagesse qui s'imposait", a commenté Jean-Claude Gaudin qui a appelé Bruno Gilles "à respecter la décision de (sa) famille politique". "Je ne doute pas que la raison et la sagesse l'emporteront, une fois passée sa légitime déception", a ajouté le maire de la cité phocéenne.

"Bruno, s'il le souhaite, sera notre tête de liste pour les Bouches-du-Rhône" pour les sénatoriales de 2020, avait proposé Jean-Claude Gaudin mardi, dans les colonnes du Figaro, en réaffirmant son soutien à son ex-adjointe: "Avec elle, nous pouvons récupérer les électeurs de M. Macron", avait-il plaidé.

Débat sur le cumul mairie-métropole

Le président de LR Christian Jacob avait reçu courant novembre les deux prétendants, tous deux membres de la majorité municipale depuis plus de 15 ans, pour tenter de dénouer leur rivalité risquée dans la deuxième ville de France, bastion de la droite depuis 1995.

Les négociations butaient sur le partage des investitures de la métropole et de la ville, Bruno Gilles défendant cette idée de "maire à plein temps" tandis que Martine Vassal refusait de dissocier les deux présidences au nom de l'imbrication des compétences.

Pour les municipales des 15 et 22 mars, plusieurs candidats font déjà campagne pour succéder à Jean-Claude Gaudin, 80 ans, qui ne se représentera pas après quatre mandats: Sébastien Barles pour Europe Écologie-Les Verts, le sénateur Rassemblement national Stéphane Ravier et le patron de l'UDE Christophe Madrolle.

Les discussions n'ont pas encore abouti pour une éventuelle candidature commune associant à gauche le Parti socialiste, La France insoumise et des représentants de collectifs citoyens. Du côté de La République en marche, aucun candidat n'a encore été désigné, mais le député LaREM de Marseille Saïd Ahamada assure qu'il briguera la mairie quoi qu'il arrive. Comme le résumait récemment un centriste de haut rang auprès de BFMTV.com, "les municipales à Marseille, c'est une bouillabaisse et elle peut avoir un goût amer".

Jules Pecnard avec AFP