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Municipales à Marseille: le député LaREM Saïd Ahamada veut se présenter, avec ou sans investiture

Saïd Ahamada, député LaREM des Bouches-du-Rhône, à l'Assemblée nationale en janvier 2019

Saïd Ahamada, député LaREM des Bouches-du-Rhône, à l'Assemblée nationale en janvier 2019 - AFP - Stéphane de Sakutin

Candidat à l'investiture du mouvement macroniste dans la cité phocéenne depuis le mois de juin, le député des quartiers Nord estime être le plus crédible des différents impétrants. Reste à savoir si, comme à Paris, LaREM affichera un front divisé jusqu'en mars prochain.

La macronie peine décidément à canaliser ses ambitions locales. Mardi, le député La République en marche des quartiers Nord de Marseille, Saïd Ahamada, a annoncé à plusieurs médias qu'il serait candidat aux élections municipales quoi qu'il arrive. Comprendre, avec ou sans l'investiture du mouvement. Déclarant vouloir bâtir un "arc progressiste", l'élu des Bouches-du-Rhône assume le fait de vouloir "sortir du bois" avant d'autres. 

Car à Marseille, la commission nationale d'investiture (CNI) de LaREM n'a pas encore fait son choix. Plusieurs impétrants sont toujours en lice: il y a le président de l'université Aix-Marseille, Yvon Berland, ainsi que le doyen de la faculté de droite, Jean-Philippe Agresti, et le chef d'entreprise Yohan Bencivenga. Que des profils "société civile", donc. Saïd Ahamada, 47 ans, est en campagne depuis le mois de juin. 

"On tiendra compte de son souhait"

À la direction de LaREM, on "laisse dire", estimant qu'il n'y a pas à se précipiter à Marseille, dans la mesure où la majorité Les Républicains sortante n'y a pas, non plus, sélectionné de candidat officiel. Jean-Marc Borello, proche d'Emmanuel Macron, membre du bureau exécutif de LaREM et connaisseur de l'échiquier politique phocéen, est missionné sur place depuis octobre pour trancher.

Visiblement, il n'a pas réussi à convaincre Saïd Ahamada de refréner son envie. "Personne ne comprend pourquoi LaREM n’a pas encore choisi de candidat, il n’y a aucune raison objective, et c’est mortifère pour notre mouvement politique, tout en favorisant les extrêmes", a cinglé l'intéressé mardi face à la presse.

"Saïd avait envie de se présenter, ça fait des mois qu'il le dit, bon. Il ne sera pas oublié, on tiendra compte de son souhait", glisse-t-on, un brin agacé, au sein de la CNI.

Et d'émettre cette prédiction hasardeuse: "Les gens qui considèrent qu'ils sont les seuls candidats valables, ils reviennent généralement à la raison." Le cas du député Cédric Villani, qui dit vouloir rester coûte que coûte dans la course à Paris malgré l'investiture de Benjamin Griveaux, risque de tempérer ce raisonnement. 

Jules Pecnard