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Doubs: une législative sous haute tension pour le PS

L'élection législative partielle dans le Doubs, qui se déroulera les 1 er et 8 février, va être attentivement scrutée.

L'élection législative partielle dans le Doubs, qui se déroulera les 1 er et 8 février, va être attentivement scrutée. - Sébastien Bozon - AFP

Pour les premières élections depuis les attentats, le Front national est le seul parti garanti d'arriver au deuxième tour. Le Parti socialiste pourrait même être éliminé dès le premier tour, alors que Pierre Moscovici y avait reçu plus de 20% des suffrages en 2012. Un scénario catastrophe pour le PS.

Le PS va-t-il perdre sa treizième élection législative partielle depuis 2012? Alors que les électeurs du Doubs vont se rendre aux urnes dimanche pour élire le député qui succèdera à Pierre Moscovici, la majorité et l’UMP se battent pour se maintenir au deuxième tour. Pour l’instant, seule l’élue du Front national, Sophie Montel, est assurée de se qualifier. Cette eurodéputée a obtenu 36% des voix aux élections européennes. Vu le faible taux de participation attendu, il ne devrait y avoir qu’une seule autre personne au deuxième tour, puisqu’il faut obtenir 12,5% des suffrages des inscrits pour se maintenir.

Visite dans le noir de Manuel Valls

La majorité veut faire cesser sa série de défaites, et surfer sur son regain de popularité. Manuel Valls a bien tenté de faire profiter le candidat local, Frédéric Barbier, de sa popularité record, lors d’un meeting politique dans la principale ville de la circonscription, Audincourt, mardi soir. Mais en plein discours, une coupure de courant organisée par la CGT a littéralement éclipsé le message du Premier ministre. Des notaires en colère ont ensuite fait irruption dans la salle pour le huer.

Le candidat socialiste aurait pourtant bien besoin d’un coup de pouce. Frédéric Barbier, ancien suppléant de Pierre Moscovici, qu’il remplace déjà à l’Assemblée nationale depuis deux ans, doit faire face à quatre autres candidatures à gauche, qui divisent son électorat: EELV, Front de gauche, LO, et Parti communiste présentent tous un candidat.

Le PS en panne de majorité absolue

Le Parti socialiste a déjà perdu sa majorité absolue à l’Assemblée nationale, depuis la défection du député Jean-Pierre Maggi vers le groupe des radicaux de gauche. Mais cette élection dans le bastion de Pierre Moscovici garde une forte valeur symbolique: en 2012, l’ancien ministre des Finances avait obtenu 40,81% des voix au premier tour, et 49,32% au second. Le Front National se plaçait à la troisième place, avec 24,47% des voix.

Dans cette région populaire, très dépendante de l’industrie (22% de l’électorat est ouvrier, contre 13,5% au niveau national), le désaveu de la politique gouvernementale se fait durement ressentir. Frédéric Barbier défend le bilan de Pierre Moscovici qui, dit-il, "a travaillé pour sauver Peugeot", un des principaux employeurs de la circonscription.

L’UMP, pour sa part, a obtenu le soutien de l’UDI, et le Modem ne présentera pas de candidat. Laurent Wauquiez est venu apporter son soutien au candidat Charles Demouge. Nicolas Sarkozy pourrait venir durant l’entre-deux-tours, même si sa visite ne ravit pas le candidat local.