BFMTV

Doubs: une législative partielle très convoitée

L'élection législative partielle dans le Doubs, qui se déroulera les 1 er et 8 février, va être attentivement scrutée.

L'élection législative partielle dans le Doubs, qui se déroulera les 1 er et 8 février, va être attentivement scrutée. - Sébastien Bozon - AFP

Laurent Wauquiez mercredi, Marine Le Pen ce vendredi et Manuel Valls bientôt: les politiques multiplient les déplacements dans le Doubs, à quelques jours d'une élection législative partielle  capitale pour le PS. Et qui sera particulièrement observée, quelques semaines après les attentats.

C’est une élection cruciale pour le Parti socialiste. Et qui attire tous les regards, surtout après les attentats qui viennent de secouer la France. Après le départ de Pierre Moscovici à la commission européenne, une législative partielle va se dérouler les 1er et 8 février dans le Doubs, le siège de député occupé par l’ancien ministre de l'Economie et des Finances étant de nouveau soumis au vote.

Un scrutin qui mobilise bien des têtes médiatiques sur le terrain: après l'UMP Laurent Wauquiez mercredi, c'est Marine Le Pen qui s'y rend ce vendredi. Mais le Premier ministre, Manuel Valls, et le président de l'UMP, Nicolas Sarkozy, sont également susceptibles de s'y déplacer dans les jours qui viennent.

Une majorité absolue en jeu

Avant même le drame qu’a connu notre pays au début de l’année, cette nouvelle élection partielle revêtait déjà un caractère capital pour le Parti socialiste. En effet, si son candidat Frédéric Barbier venait à s’incliner, le PS perdrait non seulement sa neuvième législative partielle d’affilée, mais également sa majorité absolue à l’Assemblée nationale.

Le parti au pouvoir a bien compris l’enjeu, au même titre que l’UMP et le FN qui vont tout faire pour s’emparer de la 4e circonscription de ce département, connu pour être le berceau de l’industrie automobile. Chacun ayant une vision et des espoirs différents pour cette élection.

Une "bataille symbolique"

Pour le principal parti d'opposition, il s'agit d'une "bataille symbolique". "On parle de la succession de Moscovici", a expliqué mercredi Laurent Wauquiez, secrétaire général de l'UMP, devant des militants à Audincourt. "Moscovici, c'est lui qui a fait exploser les impôts en France. C'est lui qui a contribué à ruiner le pays."

Si le choc des attentats qui ont touché la région parisienne est encore bien présent dans la tête des militants de la section locale, ils ne pensent toutefois pas que cela aura une incidence sur le prochain vote. "Dès qu'on entre dans le programme et le bilan, les lignes de fracture reviennent", a témoigné l'un d'entre-eux, Guillaume Germain, contacté mercredi par l'Agence France-Presse (AFP).

Un effet attentats?

Du côté du Front national et de celui des socialistes, les avis sont bien différents. Tous deux pensent pouvoir profiter de "l'après-attentat" pour pouvoir l'emporter. Ainsi, l'eurodéputée FN Sophie Montel s'est targuée que sa fédération, qui compte plus de 1.000 adhérents, a enregistré près d'une centaines d'adhésions supplémentaires depuis les attentats.

"On ne surfe pas sur les attentats. Ce n'est pas nouveau, on a toujours dénoncé le fondamentalisme islamique et le communautarisme", a assuré la candidate du Front national. Pour elle, "c'est indéniable": "Il y a un effet attentats qui risque de mobiliser notre électorat".

Des électeurs de gauche "fiers" et de nouveau mobilisés?

Au PS, les raisons invoquées sont toutes autres. Alors que l'abstention risque d'être importante et qu'elle pourrait même l'exclure du second tour au profit d'un duel UMP-FN, les militants socialistes sont persuadés que les attaques jihadistes à Paris "ont rebattu les cartes".

Le candidat Frédéric Barbier, suppléant de Pierre Moscovici, a même estimé que les électeurs de gauche "ont ressenti de la fierté en voyant la manière dont les choses ont été gérées par le gouvernement". Le bond de 21 points d'opinions favorables réussi par le président François Hollande en est l'illustration. Reste à savoir si, localement, le PS pourra en bénéficier. Et sauvegarder ainsi sa majorité absolue à l'Hémicycle?

https://twitter.com/jmaccaud Jérémy Maccaud Chef d'édition BFMTV