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Comment le gouvernement rassure les électeurs avant les municipales malgré le coronavirus

Le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner, le Premier ministre Edouard Philippe et le ministre de la Santé Olivier Véran, le 13 mars 2020

Le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner, le Premier ministre Edouard Philippe et le ministre de la Santé Olivier Véran, le 13 mars 2020 - AFP - Ludovic Marin

Distance minimale entre électeurs, faciliter le vote des personnes âgées, bureaux de vote rarement pleins à craquer... Depuis qu'Emmanuel Macron a confirmé que les municipales seraient maintenues, le gouvernement s'échine à rassurer les Français sur la bonne tenue du scrutin.

Contrairement à ce qui était pressenti jusqu'à la dernière minute, les élections municipales de 2020 auront bien lieu aux dates prévues. Malgré l'épidémie de nouveau coronavirus, désormais connu sous le nom de SARS-CoV-2. Jeudi soir, face à près de 25 millions de téléspectateurs, Emmanuel Macron a considéré que les circonstances ne justifiaient pas une mise à l'arrêt de notre "vie démocratique". Sans doute les outils permettant de reporter le scrutin étaient-ils trop compliqués à mettre en œuvre.

Désormais, le gouvernement s'active pour border comme il se doit ces élections des 15 et 22 mars. Prudent, le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner a déclaré ce vendredi qu'il n'y avait aucune "certitude" que le second tour serait maintenu.

"Les scientifiques nous indiquent aujourd'hui que nous sommes en mesure de réaliser les élections dimanche prochain et (...) dimanche suivant", a-t-il ajouté.

Quoi qu'il en soit, il s'agit de faire en sorte qu'à l'occasion de ce rendez-vous politique, les conditions de sécurité soient appliquées de telle manière que le virus ne se propage pas davantage encore.

"Un certain nombre de mesures sont prises pour que les élections se passent dans de bonnes conditions et que face au risque du Covid-19, nous puissions avoir les dispositions, les aménagements, les comportements adaptés pour limiter au maximum le risque", a affirmé Christophe Castaner.

40 à 50 personnes chaque heure par bureau?

Première mesure d'importance et de portée nationale annoncée ce vendredi par le Premier ministre Édouard Philippe ce vendredi: l'interdiction de tout rassemblement allant au-delà de 100 personnes. Comment faire pour éviter un engorgement aux bureaux de vote tel qu'il surpasserait ce nombre?

D'après Christophe Castaner, qui a la haute main sur le bon déroulement du scrutin, chaque bureau de vote accueille "un peu moins de 1000 inscrits". En prenant comme repère le niveau d'abstention de 2014 (moins de 40%), cela aboutit à une moyenne d'environ 40 à 50 électeurs qui défilent chaque heure. Un niveau tolérable, donc, à l'aune des instructions dispensées par l'exécutif.

"Nous avons soumis à chaque maire pour les présidents de bureau de vote un plan d'aménagement du bureau de vote, (...) mais aussi une communication de proximité à l'entrée du bureau de vote sur les gestes barrières, les bonnes pratique, ce qui empêche (...) le développement du virus", a expliqué le locataire de la place Beauvau.

Pas de "sur-risque"

Qualifiant le vote de "devoir citoyen", le Premier ministre Édouard Philippe a pour sa part affirmé sur TF1 ce vendredi que le scrutin serait "sans danger".

"On a posé la question hier au comité scientifique. On leur a demandé, 'est-ce que le fait d'aller dans un bureau de vote, parfois d'attendre un peu, ensuite de voter puis de repartir, est-ce que ça présente un risque pour les personnes les plus fragiles?'", a-t-il rapporté.

Selon lui, ledit comité a répondu au gouvernement qu'il n'y avait aucune raison scientifique de penser que le déplacement pour voter aux municipales serait plus dangereux "que d'aller faire ses courses". À condition de respecter une distance minimale. Le ministère de l'Intérieur préconise un marquage au sol afin de maintenir environ un mètre entre chaque électeur à chaque étape du vote.

S'agissant de la partie de la population la plus à risque, à savoir les personnes âgées de plus de 70 ans ou souffrant de maladies respiratoires, il n'y aurait pas de "sur-risque" à craindre d'après Jean-François Delfraissy, qui préside le Conseil scientifique sur le coronavirus. L'idée étant, en priorité, de faire en sorte "qu'elles ne stagnent pas devant les bureaux de vote". 

Éviter aux personnes fragiles de faire la queue

Édouard Philippe a martelé combien le gouvernement œuvrait de concert avec les maires et les préfets pour s'assurer que le premier tour se passe bien.

"La vérité, c'est que les maires (...) ont parfaitement compris l'enjeu, pour faire en sorte, par exemple, que quand une personne fragile arrive au bureau de vote, dans toute la mesure du possible, ce ne soit pas elle qui fasse la queue, (...) qu'elle puisse passer plus rapidement dans l'isoloir et ensuite devant l'urne pour pouvoir, là encore, limiter les risques", a-t-il développé. 

Et le Premier ministre de rappeler qu'on peut aller voter "avec son stylo" et que du matériel sanitaire sera mis à disposition des électeurs dans les bureaux de vote. "Les procurations sont encore possibles pour le deuxième tour c'est évident", a-t-il précisé. Celles pour le premier tour, en revanche, auront échu ce vendredi.

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Emmanuel Macron

Jules Pecnard