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Seuils, risques de triangulaires... Qui pourra se maintenir au second tour des municipales?

Affiches électorales pour les municipales de 2020 à Paris

Affiches électorales pour les municipales de 2020 à Paris - AFP - Philippe Lopez

Légèrement en deçà de celui des élections législatives, le seuil de maintien au second tour des municipales est de 10%. Dans le contexte d'éclatement politique actuel, doublé du risque de forte abstention lié à l'épidémie de coronavirus, cela laisse entrevoir l'existence nombreuses triangulaires.

C'est la condition sine qua none pour voir votre candidat accéder au second tour des élections municipales. Dimanche soir, dans les villes de plus de 1000 habitants, seules les listes qui auront obtenu plus de 10% des suffrages exprimés pourront se maintenir pour participer au scrutin du 22 mars. C'est légèrement en deçà du seuil des élections législatives, fixé à 12,5%.

Dans le contexte actuel, marqué à la fois par l'éclatement politique amené par La République en marche et par le risque de forte abstention lié à la propagation du Covid-19, un tel seuil laisse entrevoir de nombreux cas où plus de deux listes concourront au second tour. Des triangulaires donc (trois listes), mais aussi des quadrangulaires. Cela peut par exemple être le cas à Bordeaux, à Perpignan, ainsi que des arrondissements de Paris ou Marseille.

À titre d'exemple, en 2014 la commune d'Étaples dans le Pas-de-Calais a vu cinq listes surmonter le premier tour. Rappelons qu'entre 5 et 10% au premier tour, une liste peut fusionner avec une (ou plusieurs) qui a obtenu plus 10%.

Triangulaires et quadrangulaires à tir-larigot?

Pour une liste qui n'aura obtenu, mettons, que 11% des voix dimanche, l'intérêt du maintien est quasi inexistant, dans le sens où la victoire lui est presque impossible, sauf basculement improbable.

Dans le scénario d'une triangulaire ou d'une quadrangulaire, l'idée pour les listes en queue de peloton est plutôt de déstabiliser les autres. Soit en brouillant le résultat final (priver le vainqueur d'une assise forte et se tailler un espace dans l'opposition municipale) soit, le plus souvent, aboutir à un scénario où la liste sortante serait éliminée faute de réserves de voix.

Toujours en 2014, le cas de Montpellier l'a bien illustré. Candidat en dissidence du Parti socialiste, Philippe Saurel est arrivé en deuxième position le soir du premier tour derrière Jean-Pierre Moure, candidat adoubé par les militants PS locaux. Plutôt que de se retirer pour assurer à la gauche la préservation de ce fief longtemps contrôlé par Georges Frêche, Philippe Saurel s'est maintenu... pour finalement l'emporter au second tour.

Jules Pecnard