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Edouard Philippe met en garde contre le poison du soupçon dans les affaires

Edouard Philippe mercredi soir sur le plateau de TF1.

Edouard Philippe mercredi soir sur le plateau de TF1. - BENJAMIN CREMEL / AFP

Une heure après l'annonce du nouveau gouvernement d'Edouard Philippe, ce mercredi en fin de journée, le Premier ministre a relevé que les ministres issus du MoDem ont dû renoncer à leurs postes gouvernementaux sans même avoir été mis en examen.

Le nouveau gouvernement à peine composé et officiellement annoncé, le Premier ministre s'est rendu sur le plateau de TF1 pour en expliquer les contours. Comme attendu, Richard Ferrand, Sylvie Goulard, François Bayrou et Marielle de Sarnez ne font plus partie de la nouvelle équipe.

Edouard Philippe a pris en compte "un élément fort"

Tous ces ministres ont dû renoncer à leurs portefeuilles respectifs, poussés vers la sortie par deux affaires distinctes: le premier est éclaboussé par une affaire soulevée autour d'une opération immobilière menée à l'époque où il était directeur général des Mutuelles de Bretagne, les trois autres par une controverse autour d'assistants parlementaires européens du Modem, parti dont ils sont issus. "Il y a un élément très fort: les Français ont indiqué beaucoup plus fermement que ce qui prévalait jusqu’alors qu’ils souhaitaient ne pas être embarrassés par le soupçon, par la tonalité des ‘affaires’ comme on les désigne", a commenté Edouard Philippe. 

Le chef du gouvernement a poursuivi son développement:

"Ce qui m’a conduit à préciser la ligne qui était celle du gouvernement, celle dont je ne démords pas, celle qui reste le seul principe auquel je vais m’appliquer: c’est-à-dire l’idée selon laquelle un ministre, s’il est mis en examen, doit démissionner."

Quelques mises au point

C'est ici qu'Edouard Philippe a formulé une première mise au point. "Un mot sur cette règle. C’est une règle exigeante, parce que la mise en examen ce n’est pas automatiquement le signe de la culpabilité, c’est le signe qu’un juge a décidé qu’il fallait ouvrir une procédure de débat afin de savoir si oui ou non on renvoyait quelqu’un soupçonné devant une cour de justice. Et ça ne veut pas forcément dire qu’on est coupable."

C'est bien là que se situe la difficulté de la séquence ouverte par ces récentes controverses. "Personne n’a été mis en examen dans cette affaire", a souhaité rappeler le Premier ministre. En effet, François Bayrou, s'il est mis en examen, l'est pour une procédure lancée pour diffamation, situation dans laquelle la mise en examen est automatique. 

"La question qui s’est posée c’est de savoir si, avant même d’être éventuellement mis en examen, il faudrait que des ministres démissionnent à la suite par exemple d’une dénonciation, d’une lettre parfois anonyme, d’une accusation. Est-ce que c’est simplement une accusation qui doit conduire un ministre et peut-être demain qui sait, un fonctionnaire, un responsable syndical, un journaliste, à démissionner? C’est une règle très importante pour la vie collective", a posé Edouard Philippe. 

Il a alors épousé l'avis émis ce mercredi après-midi sur la question par François Bayrou. La déclaration a alors résonné comme un avertissement adressé à l'opinion: "Je rejoins complètement François Bayrou sur ce point. Je ne crois qu’on puisse vivre durablement dans un système où une seule accusation permettrait de démettre quelqu’un. C’est la raison de mon rappel à cette règle, c’est la raison pour laquelle je m’y tiendrai strictement."

Robin Verner