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Débat Mélenchon-Zemmour: qui sort vainqueur?

Le plateau de la soirée de débat entre Jean-Luc Mélenchon et Eric Zemmour ce jeudi soir.

Le plateau de la soirée de débat entre Jean-Luc Mélenchon et Eric Zemmour ce jeudi soir. - BFMTV

Selon les éditorialistes de BFMTV, le débat entre Jean-Luc Mélenchon et Eric Zemmour s'est conclu sur un match nul. Chacun a parlé à son camp, l'un déroulant son programme, l'autre essayant de montrer qu'il a la carrure présidentielle.

C'est un Eric Zemmour, peu rompu à l'exercice, fatigué, qui est sorti du plateau de BFMTV après deux heures de débat avec Jean-Luc Mélenchon. Face à lui, le leader de la France insoumise a joué la carte de l'expérience, se réjouissant d'avoir participé à cette contradiction. C'est peut-être là le seul avantage pris par l'un des deux débatteurs. Car à l'issue de cet affrontement, il en ressort un match nul.

"On pourrait dire qu'Eric Zemmour l’a emporté car l’essentiel du débat a tourné autour de sa vision de la France qui décline, mais il s’est caricaturé en prophète de malheur et il pâtit lourdement de l’absence de programme. Jean-Luc Mélenchon n’a pas dégonflé la baudruche Zemmour mais il en a montré les limites et il est surtout le premier à y être allé sans rien lâcher. Voilà pourquoi je dis que c'est un match nul", analyse Matthieu Croissandeau, éditorialiste politique BFMTV.

Diagnostic contre programme

Le débat entre Jean-Luc Mélenchon et Eric Zemmour était inédit à trois niveaux, poursuit l'éditorialiste. D'abord par le casting - "un politique contre un journaliste, un homme qui a été trois fois candidat, contre un qui ne l’est pas encore, et n'a pas encore tout à fait de programme" - mais aussi par l'affrontement rare à la télévision de deux courants de pensées qu'on a "plutôt l’habitude de voir faire le coup de poing dans les manifestations: c'était une première, droite extrême contre gauche extrême". Et enfin, ce débat était inédit parce que les deux hommes ne jouaient pas sur le même registre.

"On avait un Éric Zemmour qui déroulait son diagnostic de la France et un Jean-Luc Mélenchon qui déroulait son programme. Mais à aucun moment Eric Zemmour n’a dit à Jean-Luc Mélenchon 'ce que vous proposez est infaisable' et à aucun moment Jean-Luc Mélenchon n’a répondu 'mais enfin Eric Zemmour qu’est-ce que vous proposez?'", poursuit Matthieu Croissandeau.

Passé vs futur, le présent absent

Deux registres qui donnent ainsi deux visions: "Avec Eric Zemmour on est sur 'pourquoi on en est là', donc dans le passé. Chez Jean-Luc Mélenchon, on est sur 'Voilà ce que je ferai', donc dans le futur. Et à aucun moment on était dans le présent. Par exemple, jamais le mot 'Covid' n’a été prononcé", détaille encore l'éditorialiste. Ces deux positions ont ainsi permis à chacun des débatteurs de s'adresser à son camp, sans jamais convaincre l'autre.

"Eric Zemmour, sans surprise, a fait de la lutte contre l'immigration l'alpha et l'omega de tout. Jean-Luc Mélenchon, lui, a fait de sa révolution citoyenne la condition sine qua non pour tout, sans se demander pourquoi ce qu'il a proposé hier sans succès séduirait tout d'un coup les Français. Résultat: on a eu une forme de dialogue de sourds, et l'impression parfois de tourner en rond", poursuit Matthieu Croissandeau.

"Éric Zemmour s’adresse à un peuple de droite qui doute peut-être de Marine Le Pen, qui s’agace de ne pas voir un candidat naturel se dégager à droite, analyse Philippe Corbé, chef du service politique de BFMTV. Lui il dit 'regardez je suis là, j’ai peut-être l’étoffe d’un candidat'. Jean-Luc Mélenchon s’adresse au peuple de gauche. 'Anne Hidalgo est candidate, les écolos font leur primaire, oui, mais j’ai rassemblé un électeur sur quatre il y a cinq ans, ne m’enterrez pas trop vite'."

https://twitter.com/justinecj Justine Chevalier Journaliste police-justice BFMTV