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De Rihanna au glyphosate, les ratés de Christophe Castaner

Le porte-parole du gouvernement et secrétaire d'Etat aux relations avec le Parlement Christophe Castaner pressenti pour devenir délégué général de "La République en marche".

Le porte-parole du gouvernement et secrétaire d'Etat aux relations avec le Parlement Christophe Castaner pressenti pour devenir délégué général de "La République en marche". - Stéphane de Sakutin - AFP

Ce lundi, Christophe Castaner a d'abord affirmé que l'herbicide glyphosate serait interdit d'ici à la fin du quinquennat avant de fortement tempérer ses propos peu après. Ce n'est pas la première fois ces derniers mois que le porte-parole du gouvernement se place dans une position délicate après une erreur, un commentaire jugé déplacé ou un lapsus.

Pour remplir sa charge, le porte-parole du gouvernement, Christophe Castaner, doit surveiller sa langue pour ne pas plonger l'exécutif dans l'embarras. Amené par ses fonctions à faire le tour des médias depuis mai dernier, la victoire d'Emmanuel Macron et sa nomination au porte-parolat ainsi qu'au poste de secrétaire d'Etat chargé des Relations avec le Parlement, Christophe Castaner s'est, pourtant, parfois mis dans des beaux draps. 

Volte-face autour du glyphosate

C'est la dernière erreur en date. Ce lundi matin, Christophe Castaner faisait part d'un volontarisme du gouvernement au sujet d'un désherbant polémique, le glyphosate, au micro de RMC et BFMTV: "Le Premier ministre a arbitré, et ce sera communiqué dans les heures qui viennent, il a arbitré pour faire en sorte que ce produit soit interdit en France, ainsi que tous ceux qui lui ressemblent et qui menacent la santé des Français, d'ici la fin du quinquennat". Mais peu après, il précisait sa pensé...une précision qui avait tout l'air d'un rétropédalage: "Avant la fin du quinquennat, le gouvernement s'engage à obtenir des progrès significatifs pour tous les pesticides".

Ce nouveau commentaire ressemble davantage au contenu d'un communiqué de Matignon, publié ce même lundi, ou l'organe de direction du gouvernement signalait que la présentation des "conditions d'un plan de sortie du glyphosate" pour l'usage agricole avait été demandée d'ici à la fin de l'année aux ministères de la Transition écologique et de l'Agriculture. La FNSEA s'est en parallèle emportée contre l'erreur de Christophe Castaner. "On ne manie pas l'agriculture et la recherche comme on manie le changement d'une étagère dans un bureau", a ainsi illustré Christiane Lambert, la présidente du syndicat agricole. 

  • Affaire Villiers: Castaner nourrit la polémique

Avant ça, l'homme de Forcalquier a déjà contribué à une autre controverse politique. Au cœur de l'été, la tension puis la démission du général Pierre de Villiers de sa situation de chef d'état-major des armées ont déstabilisé l'exécutif. Le 21 juillet, après que Pierre de Villiers a expliqué son départ notamment sur les réseaux sociaux, Christophe Castaner avait laissé transparaître son agacement auprès du Figaro:

"C'est son comportement qui a été inacceptable. On n'a jamais vu un chef d'état-major s'exprimer via un blog, ou faire du off avec des journalistes ou interpeller les candidats pendant la présidentielle, comme cela a été le cas. Il s'est comporté en poète revendicatif. On aurait aimé entendre sa vision stratégique et capacitaire plus que ses commentaires budgétaires", avait-il tancé, assurant que l'officier avait "mis en scène" son renoncement à sa charge.

Du Front national au Parti socialiste, la scène politique avait vivement reproché à Christophe Castaner sa charge contre le partant. 

Un lapsus qui devient cafouillage 

Comme tout un chacun, le proche d'Emmanuel Macron trébuche parfois sur les mots, en choisissant un à la place d'un autre dans le feu de l'action. Sa première conférence de presse en tant que porte-parole du gouvernement avait été émaillée de quelques lapsus. "Ce gouvernement de renouvellement compte dans ses rangs des entrepreneurs, une femme de lettres, des parlementaires expérimentaux… expérimentés". Un glissement d'épithètes somme toute anecdotique bien que malheureux. Le suivant prêtait à rire: "Emmanuel Macron nous a dit que nous étions les despot… les dépositaires de cette alternance profonde". Du "despot..." au "despote", il y a peu de choses, ce que les journalistes avaient noté en riant. 

Mais à ces lapsus à peu de frais a succédé une approximation plus fâcheuse le 12 septembre dernier au micro de RTL, comme l'a remarqué Le Lab. Voulant se faire l'avocat des coupes dans les dépenses publiques lancées par le gouvernement, efforts censées éviter d'augmenter les impôts, Christophe Castaner avait fini par dire: "L’autre solution, c’était d’augmenter les impôts. Dès le 1er janvier, les Français verront, et les travailleurs en particulier, une augmentation de leur feuille d’impôts."

"Trop ample" la tenue de Rihanna? Christophe Castaner se fait tailler un short

En-dehors de ces couacs politiques, d'importance inégale, Christophe Castaner a aussi essuyé des critiques pour son appréciation de la tenue portée par la chanteuse barbadienne Rihanna venue rencontrer Emmanuel Macron à l'Elysée le 26 juillet dernier. Dans une vidéo postée par Speech sur Facebook le 3 août, il avait déploré de ne pas avoir pu croiser la route de l'interprète, avant d'ajouter: "Finalement j’aurais été un peu déçu, sa tenue était peut-être un poil trop ample". 

De nombreux internautes l'avaient alors repris de volée l'accusant de sexisme. 

Robin Verner