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Castaner défend le projet de loi "anti-casseurs" avant le début des débats à l'Assemblée

Christophe Castaner, le ministre de l'Intérieur, a présenté ce mardi les contours du projet de loi "anti-casseurs" lors d'une audition devant la commission des lois de l'Assemblée nationale. Cette future loi est pensée notamment pour répondre aux nombreux débordements qui ont émaillé les manifestations depuis le début de la mobilisation des gilets jaunes.

Après plusieurs cas de débordements en marge de la mobilisation des gilets jaunes et dans une optique de fermeté, Édouard Philippe a annoncé le 7 janvier une nouvelle loi "anti-casseurs", qui prévoit notamment un fichier à l'image de celui anti-hooligans réclamé par des syndicats de policiers. Ce mardi, Christophe Castaner, le ministre de l'Intérieur, en a détaillé les contours lors d'une audition par la commission des lois de l'Assemblée nationale, avant le début des débats dans l'hémicycle. 

"Une centaine d'individus" visés par des interdictions à manifester

Christophe Castaner a estimé mardi, qu'une "centaine d'individus" étaient susceptibles d'être visés par des interdictions de manifester prévues par la proposition de loi.

"Je vous le dis sans ambages: nous avons besoin de cette proposition de loi. Lutter contre les casseurs, pas contre les manifestants. Ça n’est pas une loi anti-gilets jaunes, ça n’est pas une loi anti-manifestants, c’est une loi anti-casseurs, pour permettre aux manifestants de manifester dans de bonnes conditions de sécurité", a insisté le ministre.

Ce projet de loi vise en effet des individus appartenant souvent à des groupuscules qui "viennent systématiquement casser dans les manifestations", a précisé le ministre lors de son audition devant la commission des Lois, rappelant que le dispositif était proche de celui qui permet "de gérer les hooligans dans les stades".

  • L'IGPN saisie pour 81 enquêtes de violences policières présumées

Quatre personnes ont été gravement blessées à l'oeil à la suite d'interventions policières depuis le début du mouvement des gilets jaunes le 17 novembre, a affirmé Christophe Castaner lors de son audition devant les députés. "Il y a eu quatre personnes qui ont eu des atteintes graves à la vision. Certains pouvant effectivement perdre un oeil", a affirmé le ministre de l'Intérieur, précisant que la police des police (IGPN) avait été saisie de 81 enquêtes. Le collectif militant "Désarmons-les" et le journaliste indépendant David Dufresne ont, eux, recensé 17 personnes ayant perdu un oeil à la suite d'interventions policières depuis le début du mouvement.

"Je condamne les violences d’où qu’elles viennent, et que je serai intraitable si elle concernent les forces de l’ordre, chaque signalement, chaque plainte fait systématiquement l’objet d’une enquête. Des experts ont été sollicités concernant les LBD. Mais je vous en prie ne jugeons pas sur des vidéos tronquées ou partielles et laissons l’IGPN faire son travail. Mais je le redis, chacune de ces 81 plaintes reçues jusque-là fera l’objet d’une enquête et je serai transparent sur les résultats", a déclaré Christophe Castaner.

Les forces de l'ordre qui utilisent des LBD seront désormais équipées de caméras-piétons

Autre annonce de la part du ministre: les forces de sécurité qui utilisent des lanceurs de balles de défense (LBD), dénoncés par de nombreux gilets jaunes, seront équipées de caméras-piétons, et ce dès samedi pour la prochaine journée d'action du mouvement.

"Je souhaite qu'à partir de samedi prochain, l'ensemble de nos forces de sécurité qui utilisent des LBD soient équipées de système de caméras-piétons", a déclaré le ministre de l'Intérieur auditionné par la commission des lois.

Selon Christophe Castaner, les caméras-piétons devront être "systématiquement" activées "en conditions normales" mais pas "en cas d'agression" des forces de l'ordre. 

En parallèle, l'Assemblée nationale doit examiner une proposition de loi des sénateurs LR contre les violences dans les manifestations le 29 janvier, adoptée en première lecture par la Haute assemblée en octobre.

Valentine Arama avec Anne Saurat-Dubois