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Benoît Hamon: la politique de l'exécutif "menace la République"

Benoît Hamon le 21 août dernier à Matignon.

Benoît Hamon le 21 août dernier à Matignon. - Bertrand Guay - AFP

Benoît Hamon et Aurélie Filippetti sonnent la charge contre l'exécutif mardi matin. Jean-Christophe Cambadélis "déplore" leur attitude "pas loyale".

La guerre interne bat son plein au PS. Mercredi matin, au lendemain du vote du budget, c'est Benoît Hamon qui a lancé la charge contre le duo Valls-Hollande. Pour lui, la politique de l'exécutif "menace la République" et mène vers un "immense désastre économique" en vue de 2017.

Cette politique, "parce qu'elle réduit les capacités d'intervention de la puissance publique", "menace la République", a déclaré sur RFI Benoît Hamon, qui a quitté le gouvernement le 25 août.

"Et la menace de la République, c'est la préparation tout droit, comme on s'y prépare pour 2017, d'un immense désastre démocratique", soit "non seulement l'arrivée au second tour de la présidentielle de Marine Le Pen sans coup férir, mais en plus la menace que demain, elle dirige le pays".

"Hamon devrait quitter le PS"

Pour Stéphane Le Foll, trop c'est trop. Après les propos tenus mercredi matin, "il serait cohérent que Benoît Hamon quitte le PS". "Il a franchi une limite. Il est allé trop loin", estime sur BFMTV le porte-parole du gouvernement.

Redevenu député PS, Benoît Hamon, ancien ministre de l'Education nationale, a refusé de voter le budget mardi à l'Assemblée nationale. Aurélie Filippetti, ancienne ministre de la Culture en désaccord elle aussi avec la politique de l'exécutif, s'est abstenue également: avec Delphine Batho, ce sont donc trois anciens ministres qui n'ont pas voté le budget, parmi les 39 députés abstentionnistes. Une "attitude déplorable", pour le premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis, qui y voit "un problème éthique (...) Ce n'est pas loyal par rapport à son camp".

Mais Aurélie Filippetti n'a pas l'intention de se laisser faire. "Je n'ai aucune leçon à recevoir de qui que ce soit", lance-t-elle mercredi matin. "Il y a de la mauvaise foi dans les propos de Jean-Christophe Cambadélis". Benoît Hamon estime lui qu'il "ne faut pas réagir avec ses nerfs dans ces cas-là (...) J'ai ma cohérence et j'essaie d'être utile à ma famille politique". Le futur congrès du PS s'annonce très tendu. Il est prévu pour le printemps 2015.

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Benoît Hamon

A. K.