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Benalla assure avoir eu des échanges réguliers avec Macron depuis cet été

L'ancien chargé de mission de l'Élysée assure à Mediapart avoir parlé avec le président notamment via la messagerie cryptée Telegram.

Alexandre Benalla a affirmé dimanche à Mediapart avoir continué à échanger régulièrement avec Emmanuel Macron, via la messagerie Telegram, depuis son licenciement de l'Elysée, précisant avoir conservé la preuve de ces échanges sur son téléphone portable.

Une information confirmée par l'intéressé lui-même à BFMTV: "j'ai toujours des liens avec un certain nombre de personnes à l'Élysée. Mon dernier échange avec le Président date du 24 décembre".

"Aucun contact téléphonique entre l'Elysée et Benalla"

Après avoir assuré ne plus entretenir aucun contact avec l'ancien chargé de mission depuis son licenciement cet été, l'Elysée a indiqué que "le président avait pu accuser réception de certains messages d'Alexandre Benalla sur la messagerie Telegram", mais précise: "il n'y a jamais eu d'échange nourri ni de demande en retour". Le palais dément tout contact téléphonique avec l'ex-chargé de mission.

"Ça va être très dur de le démentir parce que tous ces échanges sont sur mon téléphone portable", déclare-t-il. "Nous échangeons sur des thématiques diverses. C'est souvent sur le mode 'comment tu vois les choses ?'. Cela peut aussi bien concerner les gilets jaunes, des considérations sur untel ou sur untel ou sur des questions de sécurité", des échanges du type qu'il avait déjà avec le chef de l'État quand il était son homme de confiance à l'Élysée.
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Capture d'écran BFMTV © Capture d'écran BFMTV

Des échanges avec d'autres membres de la présidence

Il ajoute échanger aussi de manière régulière avec d'autres membres de la présidence, comme il l'avait déjà affirmé ces derniers jours dans un courrier adressé à l'Élysée.

Ces échanges ont eu lieu jusqu'aux récentes révélations de Mediapart sur son utilisation d'un passeport diplomatique pour des voyages d'affaires en Afrique. "Là, le lien est coupé ", selon lui. Après ces révélations, le ministère des Affaires étrangères a saisi le procureur de la République qui a ouvert une enquête pour "usage sans droit" de passeports diplomatiques.

Le principal intéressé critique néanmoins cette réaction très tardive, en insistant sur le fait que si l'État le souhaitait, il suffisait de désactiver les passeports par le Quai d'Orsay.

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"Il veut protéger le président"

Sur note antenne, Fabrice Arfi, le journaliste de Mediapart à l'origine des révélations, raconte son échange avec l'ancien chargé de mission de l'Élysée: 

“Je n’ai pas du tout eu l’impression qu’il voulait nuire au président. Paradoxalement, j'ai plutôt eu l’impression de quelqu’un qui, d’un côté, se défend, répète beaucoup qu’il n’a que 27 ans, qu’on lui en met beaucoup sur ses seules épaules, mais qu’il veut plutôt protéger le président de l’entourage qu’il considère néfaste”, assure Fabrice Arfi.

Le journaliste du pôle investigation précise qu'il a par ailleurs tenté de contacter l'Élysée pour avoir des explications, sans succès: 

“La balle est désormais dans le camp de la présidence de la République, que nous avons évidemment contacté (...) et qui n’a pas réagi, alors qu’elle est plutôt prompte à réagir” habituellement, selon lui.

Edwy Plenel, le directeur de la rédaction de Mediapart considère donc à notre antenne qu'il s'agit "de plus en plus d'une affaire d'état".

E.P. avec AFP