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Aubry prie Sarkozy de ne pas promulguer la loi sur les retraites

Le premier secrétaire du Parti socialiste, Martine Aubry, a demandé mercredi à Nicolas Sarkozy de ne pas promulguer la loi sur les retraites, estimant que le vote de la réforme marquait la victoire "de l'injustice et du mépris" en France. /Photo prise le

Le premier secrétaire du Parti socialiste, Martine Aubry, a demandé mercredi à Nicolas Sarkozy de ne pas promulguer la loi sur les retraites, estimant que le vote de la réforme marquait la victoire "de l'injustice et du mépris" en France. /Photo prise le - -

Le premier secrétaire du Parti socialiste, Martine Aubry, a demandé mercredi à Nicolas Sarkozy de ne pas promulguer la loi sur les retraites, estimant que le vote de la réforme marquait la victoire "de l'injustice et du mépris" en France.

Dans un communiqué, l'ancienne ministre des Relations sociales assure que les socialistes se mobiliseront "jusqu'au bout contre ce texte".

Le PS a saisi le Conseil constitutionnel et sera, jeudi puis le 6 novembre, dans la rue aux côtés des syndicats pour contester le texte que Martine Aubry juge "profondément inégalitaire et imposé sans concertation".

Après le vote définitif du projet de loi par le Parlement mercredi après-midi, "si victoire il y a, c'est celle de l'injustice, de l'imprévoyance et du mépris", dénonce la dirigeante socialiste.

"Je dis au président : on ne gagne pas contre les Français. Le Parti Socialiste demande au chef de l'Etat de ne pas promulguer cette loi, d'ouvrir des négociations pour enfin proposer à la France la réforme juste, efficace et durable qu'elle attend", insiste la maire de Lille.

En déplacement dans la banlieue lyonnaise, la présidente PS de la région Poitou-Charentes, Ségolène Royal, a engagé les Français, et en particulier les jeunes, à rester mobilisés.

"Il faut continuer à manifester pour prendre date", a-t-elle dit à plusieurs reprises lors d'une conférence de presse précédant un débat sur la jeunesse organisé à Décines (Rhône).

"NE FUYEZ PAS VERS LES RETRAITES PRIVÉES", DIT ROYAL

"Ne comptez pas sur moi pour condamner le mouvement social, il faut respecter ce mouvement, c'est très important que les Français se soient soulevés, rien ne serait pire qu'un repli sur soi. Ils doivent continuer à manifester leur révolte contre les injustices. Je salue ce courage", a-t-elle ajouté.

L'ancienne candidate à l'élection présidentielle s'est adressée aux lycéens et aux étudiants. "Je ne vois pas pourquoi les jeunes seraient méprisés et pourquoi en leur demanderait de rentrer chez eux", a-t-elle dit.

Ségolène Royal a par ailleurs mis en garde les Français contre la tentation d'avoir recours à des organismes privés, promettant un retour à la retraite à répartition à 60 ans si le PS remporte la course à l'Elysée en 2012.

"Je dis aux Français : 'N'ayez pas peur, ne fuyez pas vers les retraites privées, parce que vous vous ferez doublement rouler, au moment de la cotisation et au moment de la sortie. Entre les deux, il y a le profit qui va dans les banques, dans les assurances, dans les fonds de pension'", a-t-elle prévenu.

Après le Sénat qui l'avait voté mardi, l'Assemblée nationale a entériné à son tour le texte de la réforme des retraites par 336 voix contre 233, mettant fin à un marathon législatif entamé début septembre et jalonné de six journées de manifestations et de grèves de grande ampleur dans toute la France.

La réforme portera progressivement de 60 à 62 ans l'âge légal de départ à la retraite de 60 à 62 ans et de 65 à 67 ans l'âge pour une retraite à taux plein, quel que soit le nombre de trimestres cotisés.

Laure Bretton, avec Catherine Lagrange à Lyon, édité par Elizabeth Pineau