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Après l'Île-de-France, la présidentielle? Valérie Pécresse "réfléchira à la suite" durant l'été

Valérie Pécresse a été reconduite dans ses fonctions de présidente du Conseil régional d'Île-de-France dimanche soir. Invitée ce lundi matin de BFMTV-RMC, elle a à nouveau évoqué ses ambitions présidentielles après cette victoire.

"Ce qui est à redouter, ce n'est pas le vide politique, c'est plutôt le trop-plein". Le pronostic malicieux du général de Gaulle lors d'une conférence de presse de mai 1962 va trouver une nouvelle application chez ses lointains héritiers ces jours-ci.

En effet, les élections régionales ont reconduit dans leurs fonctions de présidents de conseils régionaux plusieurs personnalités de droite dont les aspirations nationales ne sont un mystère pour personne: Xavier Bertrand dans les Hauts-de-France (officiellement candidat au scrutin-phare de la Ve République), Laurent Wauquiez en Auvergne-Rhône-Alpes, et Valérie Pécresse en Île-de-France.

"L'étau desserré"

"Pour moi, tout commence aujourd’hui. Avant l’élection, c’était 'stop ou encore Pécresse'", a ouvert Valérie Pécresse sur BFMTV-RMC ce lundi matin, au lendemain de sa victoire contre, notamment, l'union de la gauche de Julien Bayou au second tour.

Elle a fixé le calendrier de sa prise de décision quant à son éventuelle candidature à la présidentielle 2022... un agenda encore nébuleux, mais qui se décompose en semaines plutôt qu'en mois. "Je vais réfléchir à la suite pendant l’été. Je vais consulter", a-t-elle confié.

"Je demande qu’on se réunisse pendant la période estivale avec tous ceux qui veulent s’investir, pour créer une troisième force: ni Emmanuel Macron, ni Marine Le Pen. Quand on le leur demande, 80% des Français disent qu'ils ne veulent pas de cette alternative", a poursuivi Valérie Pécresse, se réjouissant que "cette élection régionale (ait) desserré l’étau où le gouvernement voulait nous enfermer", entre ces deux figures.

La présidente du Conseil régional d'Île-de-France fraîchement réélue a listé les objectifs de cette université d'été des présidentiables qu'elle appelle de ses voeux: "On définira la règle du jeu, la manière de se départager." Une première gageure déjà, lorsqu'il faudra mettre d'accord Xavier Bertrand qui rejette l'idée d'une primaire et Bruno Retailleau, autre candidat putatif de la droite, qui ne jure que par elle.

Mais pour Valérie Pécresse, l'occasion est trop belle, la fenêtre trop grande ouverte pour se manquer: "Jamais nos propositions n’ont été si populaires, Marine Le Pen a essayé de nous les voler, Emmanuel Macron a essayé de dire qu’il était de droite. Ils sont venus sur notre territoire".

"Pas d'homme providentiel"

Elle a alors, à grands traits, brossé le sien sans se risquer encore à détailler un programme. "J’ai une sensibilité à défendre, sur le choc de l’autorité, dans une région très criminogène comme l’Île-de-France, sur le plan banlieue que je réclame à corps et à cris depuis des années, la question de l’écologie, qui est un impensé à droite", a-t-elle illustré.

Tout de même, le succès de Xavier Bertrand dans les Hauts-de-France, aux prises avec un Rassemblement national très fort dans sa région, et face à des têtes de série gouvernementales au premier tour, semble luir d'un lustre particulier ce lundi matin. Pas question pourtant pour Valérie Pécresse de lui reconnaître un statut de favori dans la course à la désignation de son camp pour la présidentielle: "On a fait émerger une très belle équipe de France mais pas d’homme providentiel. (...) Je crois qu’on ne peut plus jouer solo."

Robin Verner
Robin Verner Journaliste BFMTV