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Une mère "écœurée" par la présence de parlementaires au Bataclan

Quatre mois après les attentats du 13 novembre, la commission d'enquête parlementaire sur les attentats de Paris et Saint-Denis a visité le Bataclan, jeudi matin. Les députés défendent un déplacement pour comprendre. Certaines familles de victimes crient à l'instrumentalisation.

"Pourquoi ont-ils besoin de venir là, regarder ce qu'il s'est passé, mobiliser les forces du RAID et de la BRI alors que nous, parents, nous ne savons toujours pas à quelle heure nos enfants sont décédés?" Nadine Ribet-Reinhart ne décolère pas. A quelques mètres de la salle du Bataclan où s'est rendue la commission d'enquête parlementaire sur les attentats de Paris et Saint-Denis, jeudi matin, cette femme, qui a perdu son fils dans la nuit du 13 au 14 novembre 2015, dénonce une instrumentalisation.

"On refuse cette démarche qui nous instrumentalise", fustige cette mère dont le fils Valentin, 26 ans, a été tué au Bataclan, "nous sommes écœurés de les voir se donner un rôle qu'on ne leur a pas demandé".

"Eux les parlementaires ils s'approprient le droit de savoir ce qu'il s'est passé alors qu'on ne sait toujours rien", poursuit celle qui avait pu se recueillir à l'intérieur de la salle de concert, début mars, mais qui n'a pas été conviée au déplacement de jeudi.

"Notre but est de faire toute la lumière. C'est bien pour les victimes que nous travaillons", lui a répondu le député LR Georges Fenech.

"Qu'est-ce qu'auraient dit les familles si on n'avait pas fait cette démarche?", a demandé le député LR Alain Marsaud à la sortie du Bataclan. "Nous sommes là pour être à même de faire des propositions", a-t-il soutenu, en ajoutant que c'était un moment "très émouvant".

"Il ne s'agit pas d'une reconstitution"

Pendant deux heures, la vingtaine de députés a pu interroger des policiers de la BRI et du RAID ainsi que des secouristes pour comprendre ce qui s'est passé le soir du 13 novembre, et ce qui peut être amélioré.

"Il ne s'agit pas d'une reconstitution, qui relève de la justice", avait précisé au préalable le président de la commission d'enquête, le député Georges Fenech, indiquant avoir "informé le procureur" de cette visite.

Pour la plupart des parlementaires présents, les différents services qui sont intervenus ce soir-là, n’ont commis aucune erreur.

"Globalement mon sentiment c'est que nos services ont fonctionné comme il fallait", a ainsi déclaré le député UDI Meyer Habib jeudi à la sortie du Bataclan. "A partir du moment où les forces sont arrivées il n'y a eu aucune nouvelle victime", a-t-il ajouté. "On peut être fier de nos forces d'intervention", selon lui.

La commission d'enquête parlementaire relative aux "moyens mis en œuvre par l'Etat pour lutter contre le terrorisme depuis le 7 janvier 2015" compte 30 députés de tous bords. Mi-février, elle avait auditionné des victimes du Bataclan avaient pointé du doigt de graves dysfonctionnements. Elle rendra son rapport en juillet.

K. L. avec Mélanie Bertrand