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Le préfet de police de Paris raconte l'intervention de la BRI au Bataclan: "C'était l'enfer"

Le Préfet de police de Paris, Michel Cadot lundi.

Le Préfet de police de Paris, Michel Cadot lundi. - BFMTV

Le préfet de police de Paris, Michel Cadot, s'exprimait pour la première fois depuis les attaques de vendredi, ce lundi sur BFMTV. Il raconte "l'enfer" qu'ont vécu les policiers d'élite de la BRI lors de l'assaut contre les terroristes du Bataclan.

"Une soirée qui ne s'oublie pas". Trois jours après la série d'attentats qui ont endeuillé la capitale, le préfet de police de Paris, Michel Cadot, a raconté ce lundi sur BFMTV l'intervention des policiers d'élite de la BRI (brigade de recherche et d’intervention) lors de la prise d'otages du Bataclan. "Ils ont été magnifiques", a-t-il commenté, visiblement ému, se disant "extrêmement fier de pouvoir les diriger".

Vers 22h, "le premier tir a été effectué par un policier de la BAC [brigade anticriminalité], qui a été extrêmement courageux", raconte le préfet, arrivé sur place avant ses hommes. "Il a réussi à tuer l'un des terroristes, qui était au rez-de-chaussée en train de tirer avec sa mitrailleuse sur les otages". 

"Se faire exploser en tuant les otages"

Les deux autres terroristes se réfugient alors à l'étage. Equipés de fusils d’assaut, de gilets lourds et de casques à visière blindée, les policiers de la BRI, en collaboration avec le RAID, pénètrent dans la salle de concert et libèrent les otages piégés dans la fosse.

"Puis la BRI a progressé pour délivrer les otages qui étaient retenus à l'étage, dans des conditions extrêmement difficiles, (…) au milieu des tirs, en faisant en sorte qu'aucun otage ne soit blessé", poursuit Michel Cadot.

"Tous les otages", que "les terroristes cherchaient à rassembler autour d'eux pour se faire exploser en les tuant, ont réussi" à s'échapper progressivement, alors que "la BRI avançait" en colonne pour sécuriser les lieux, raconte-t-il encore.

"La haine froide dans le regard de ces assassins"

"C'était l'enfer parce que les lieux étaient extrêmement compliqués", a-t-il commenté. "Et c'était cet amoncellement de corps, de pleurs, ces rivières de sang que j'ai moi-même constatés".

L'assaut aura duré trois minutes. Les policiers d'élite de la BRI, explique le préfet, ont été marqués par "la haine froide dans le regard de ces assassins, qui n'avaient aucune humanité".

"J'ai senti que ces hommes, qui sont aguerris, qui ont l'habitude de la prise d'otages, du combat, étaient très marqués par la violence exceptionnelle et l'inhumanité totale de cette prise d'otages dramatique", conclut le préfet.
C. P.