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Deux mois après l'attentat, l'église de Saint-Étienne-du-Rouvray rouvre ses portes

L'église de Saint-Étienne-du-Rouvray où le père Jacques Hamel a été assassiné le 26 juillet dernier par deux membres du groupe Daesh rouvre ce dimanche.

Plus de deux mois après le traumatisme d'un attentat jihadiste inédit, au cours duquel son prêtre âgé a été égorgé, Saint-Étienne-du-Rouvray, en Seine-Maritime, rouvre solennellement ce dimanche son église. Celle-ci sera donc restée fermée 68 jours précisément. 

Dans les rues de cette ville de 27.000 âmes, cité ouvrière de la ceinture industrielle de Rouen, personne n'a oublié la fin tragique du père Jacques Hamel, 85 ans, égorgé au pied de son autel, le 26 juillet, après une messe matinale, par deux jeunes radicalisés de 19 ans, se réclamant de Daesh.

Un "rite pénitentiel de réparation"

"C'était un bon curé, j'allais toujours le voir et il ne refusait jamais un service", témoigne Mafalda Pace, 81 ans, qui habite à côté de l'église datant du XVIe siècle.

Cette retraitée, comme des centaines de Stéphanais, compte bien être présente ce dimanche dans ou à l'extérieur de l'église (l'édifice ne compte que 300 places), où elle pourra suivre sur grand écran un "rite pénitentiel de réparation" suivi d'une messe, célébrés par l'archevêque de Rouen Mgr Dominique Lebrun. Dans le culte catholique, le rite pénitentiel de réparation vise à purifier symboliquement une église qui a été profanée.

"Le rite consiste à laver l'église en l'aspergeant d'eau bénite", a expliqué l'archevêque qui avait célébré le 2 août à la cathédrale de Rouen la messe des obsèques du prêtre assassiné avant de compléter: "La paroisse a perdu l'un de ses pasteurs, son église a été souillée, une offense à Dieu a été commise, et il m'appartient de rouvrir l'église comme cela est prévu à chaque fois qu'il y a une profanation". 

Au nombre des profanations commises contre des objets cultuels par les deux jihadistes, Adel Kermiche, un stéphanais, et Abdel-Malik Petitjean, venu de Savoie, on compte celle de l'autel en bois contre lequel les deux hommes se sont acharnés avec leurs couteaux. Ils ont aussi arraché une croix de procession scellée dans le mur, renversé le grand cierge de Pâques et retiré le chapelet qui était entre les mains d'une Vierge de Fatima.

De nombreux musulmans présents

Après le rite pénitentiel, Mgr Lebrun, entouré notamment du curé de la paroisse Auguste Moanda-Phuati, du vicaire général du diocèse Philippe Maheut, et d'autres prêtres des paroisses environnantes, célébrera la messe. Avant d'entrer dans l'église, il mènera une procession sur environ 500 mètres qui débutera à la porte du presbytère, non loin de l'hôtel de ville.

De nombreux musulmans devraient se joindre à la foule, à l'extérieur de l'église. Un appel en ce sens a été lancé à la prière du vendredi par l'imam de la mosquée stéphanaise. 

"Ce sera un jour de fraternité, j'espère que croyants ou pas, tous les Stéphanais seront là", a déclaré Mohamed Karabila, responsable de la mosquée, située à côté de l'église Sainte-Thérèse, l'autre église de la commune.

La commune va édifier un monument en l'honneur du père Hamel

Le maire Hubert Wulfranc (PCF), qui s'était montré très ému au moment du drame, doit aussi prendre la parole avant la cérémonie. Pour lui, le rite aura quelque chose de salutaire pour la commune. "C'est une nouvelle étape de la cicatrisation, de la convalescence", a-t-il dit. 

L'élu a aussi prévu de faire exploiter les archives de sa commune par des historiens en raison de la multitude de messages reçus du monde entier. Un autre projet devrait voir le jour à terme dans la ville: l'érection d'un monument à la mémoire du père Hamel. 

Céline Hussonnois-Alaya et Robin Verner avec AFP