BFMTV

Blessé au Bataclan, Gauthier vit au rythme des rendez-vous médicaux

Quatre semaines après les attentats perpétrés à Paris, il reste encore 60 patients hospitalisés sur les plus de 350 blessés, dont 8 en réanimation. Pour les autres, le parcours du combattant se poursuit dehors. Et bien souvent, il faut ajouter le traumatisme aux blessures physiques. C'est le cas de Gauthier, rescapé du Bataclan.

Depuis un mois, le quotidien de Gauthier est rythmée par les rendez-vous médicaux, qui alternent entre psychologue et chirurgien. Le 13 novembre, il a fait le mort par terre au Bataclan. Une balle a ricoché sur son coude. Puis il a réussi à s’échapper. Mais depuis, une partie de la main de ce designer est paralysée. 

Une paralysie très rare

"C'est juste pas de bol parce que je suis gaucher, et que mon métier consiste principalement à dessiner", regrette Gauthier. "Mais je me mets à la place de ceux qui ont eu des blessures beaucoup plus graves", relativise-t-il. Pour son chirurgien, spécialiste de la main, cette paralysie reste un cas très rare.

La blessure de Gauthier "a une caractéristique de la balle de guerre, c'est-à-dire qu'elle peut provoquer une paralysie du nerf, même si elle n'est pas au contact du nerf. C'est l'onde de choc qui a provoqué cette paralysie, et c'est tout à fait exceptionnel", explique le professeur Emmanuel Masmejean.

Une blessure psychique toujours très vive 

Le jeune homme n'a presque plus de trace physique de sa blessure, mais quasiment un mois après l'attaque, sa blessure psychique est encore vive. Sa culpabilité aussi. "Les gens ont pris des balles pour nous. J'ai tendance à dire que je vis pour 130 personnes", confie Gauthier. "On se dit tous les matins en se réveillant qu'on a de la chance d'être en vie. Je pense que c'est un truc qui nous quittera jamais". 

D’ici quelques jours, Gauthier saura s’il doit être opéré pour accélérer la repousse du nerf. Avec l’espoir de retrouver l’usage complet de sa main.
A.S. avec Margaux de Frouville et Abda Sall