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Attentats de Paris: un couple confondu avec un commando "bis"

Des policiers devant le Bataclan, le 16 novembre 2015, trois jours après les attentats à Paris.

Des policiers devant le Bataclan, le 16 novembre 2015, trois jours après les attentats à Paris. - Bertrand Guay - AFP

Le Parisien révèle mardi une coïncidence à peine croyable qui a mené les enquêteurs à pister inutilement les téléphones d'un couple qui, sans le savoir, a suivi pas à pas les terroristes le soir du 13 novembre.

Difficile de penser à une coïncidence. Et pourtant, les enquêteurs sont désormais formels: l'affaire est close et "ce n'est plus un sujet", confient plusieurs sources au Parisien. Dans les jours qui ont suivi le 13 novembre, policiers et magistrats avaient acquis la quasi-certitude que deux individus avaient accompagnés les terroristes déjà identifiés dans les tueries.

En effet, à chaque lieu où les kamikazes ont frappés, deux numéros de téléphone, l'un belge, l'autre français, ont borné dans la même tranche horaire. Le détenteur du portable belge a ainsi quitté Bruxelles vers 18h15 ce jour-là. Il a ensuite reçu un appel à l'approche du Stade de France, dix minutes avant la première des trois explosions.

Une connaissance commune avec Jawad?

Les deux propriétaires des portables, français et belges, se sont ensuite retrouvés avenue Philippe-Auguste, dans le XIe arrondissement, à l'heure précise où les commandos des terrasses passaient à l'offensive, rapporte le quotidien. Puis à 21h40, lorsque Brahim Abdeslam s'est fait exploser au Comptoir Voltaire, le couple se trouvait alors à quelques minutes à pied. Il a ensuite rejoint le XVIIIe arrondissement. Là où Salah Abdeslam a justement abandonné une Clio noire. 

Les coïncidences ne s'arrêtent pas là, selon le dossier d'enquête consulté par le Parisien. Le lendemain de l'attentat, le portable belge reçoit un appel d'un numéro. Or, dix jours avant, ce numéro a appelé Jawad Bendaoud, le logeur des terroristes à Saint-Denis, actuellement incarcéré. 

En réalité, le portable belge appartient à une jeune femme belge prostituée, et le portable français à un ami à elle, habitant dans le XVIIIe, à qui elle a rendu visite le soir du 13 novembre pour passer le week-end à Paris. Tous les bornages de leurs téléphones ont été fortuits, y compris l'appel avec une connaissance commune de Jawad. Fin de la piste, l'enquête se poursuit. 

A. G.