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Attentats de Paris: le kamikaze de l'appartement de Saint-Denis identifié

L'homme qui a activé sa ceinture explosive dans l'appartement de la rue Corbillon à Saint-Denis, où s'était réfugié Abdelhamid Abaaoud, était Chakib Akrouh, un Belgo-Marocain de 25 ans.

Le procureur de la République de Paris annonce jeudi soir que le kamikaze qui s'est fait exploser dans l'appartement de Saint-Denis lors de l'intervention du Raid a été identifié. Il s'agit de Chakib Akrouh, un Belgo-Marocain de 25 ans. De nationalité belge et marocaine, le jeune homme est né le 27 août 1990 en Belgique.

D'après nos informations, Chakib Akrouh était parti en Syrie le 4 janvier 2013 avec un groupe de 6 ou 7 hommes dont certains sont revenus et ont été interpellés en Belgique. Il faisait l'objet d'un mandat d'arrêt international depuis 2014. Un magistrat belge, en charge de la procédure en lien avec les attentats de Paris, avait reconnu le visage du Belgo-Marocain sur les photos du corps du kamikaze. 

Un membre du commando des terrasses?

L'identification a ensuite été rendue possible grâce à une comparaison ADN entre le profil génétique extrait du kamikaze et celui de la mère de Chakib Akrouh, indique le communiqué du parquet de Paris. Les juges d'instruction anti-terroristes avaient délivré une commission rogatoire afin d'effectuer ces analyses. Les empreintes génétiques de Chakib Akrouh avaient également été découvertes dans la voiture qui avait servi au commando dit des terrasses, auquel appartenaient Abdelhamid Abaaoud et Brahim Abdeslam.

Originaire des quartiers ouest de Bruxelles, Chakib Akrouh vivait à Molenbeek et gravitait autour des frères Abdeslam. Il fréquentait, notamment, le bar de l'aîné, Brahim. Toujours selon nos informations, le kamikaze de l'appartement de Saint-Denis a été condamné le 29 juillet 2015 en Belgique à 5 ans de prison. Absent lors de son procès, il était jugé, comme une trentaine de personnes, pour sa participation à une organisation terroriste. Dans la même affaire, Abdelhamid Abaaoud était considéré comme le "dirigeant" de ce réseau et avait écopé de 20 ans de prison. 

Huit terroristes identifiés

Aujourd'hui, huit des dix terroristes impliqués dans les attentats du 13 novembre ont été identifiés. Outre Abaaoud, Abdeslam et désormais Akrouh, Omar Ismaïl Mostefaï, Samy Amimour et Foued Mohamed-Aggad ont attaqué le Bataclan, Bilal Hadfi s'est fait exploser au Stade de France.

Les deux autres kamikazes sont entrés en France, via la Grèce, avec de faux passeports au nom d'Ahmad Al-Mohammad et Mohammad Al-Mahmod. Salah Abdeslam, qui est soupçonné d'avoir au moins convoyés les kamikazes du Stade de France, est toujours activement recherché. 

Abaaoud visé

Moins d'une semaine après les attentats sanglants de Paris et de Saint-Denis, le Raid et la BRI avaient donné l'assaut dans un appartement situé rue Corbillon à Saint-Denis. Sur la base de renseignements fournis par un témoin, les autorités croient savoir qu'Abdelhamid Abaaoud, l'instigateur présumé des attaques du 13 novembre s'y trouve.

En pleine nuit, de nombreux échanges de tirs sont entendus pendant plusieurs heures. Le procureur de Paris parlera de plus de 5.000 munitions tirées par les forces de l'ordre. Vers 6 heures du matin, une ceinture explosive est déclenchée. Le plancher de l'appartement s'effondre. 

Le loueur incarcéré

Dans les décombres, les enquêteurs vont retrouver le corps d'Abdelhamid Abaaoud, mais aussi celui de sa cousine Hasna Ait Boulahcen, laquelle avait un temps été soupçonnée d'avoir activé le dispositif d'explosifs. Jusqu'alors, seul leur corps avait été identifié.

La veille de l'assaut, Hasna Ait Boulahcen est aperçue en train de discuter avec un homme, identifié comme Jawad Bendaoud. Au petit matin, alors que le Raid passe à l'action, il se présente spontanément devant les caméras de BFMTV pour expliquer qu'il ne savait pas qui ils étaient. Devant les enquêteurs, il reconnaîtra qu'il se doutait que les personnes qu'il hébergeait étaient des terroristes. Le 24 novembre, il a été mis en examen et incarcéré.

Justine Chevalier avec C. Ollivier et C. Danré