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La mère d’un kamikaze de Paris regrette de n’avoir "rien vu" venir

Bilal Hadfi, kamikaze des attentats à Paris, dans une photo non datée.

Bilal Hadfi, kamikaze des attentats à Paris, dans une photo non datée. - Het Laatste Nieuws - BFMTV

Une femme se présentant comme la mère de Bilal Hadfi, l’un des kamikazes du Stade de France, a confié samedi à une télévision belge sa culpabilité. Elle regrette de ne pas avoir décelé la radicalisation de son fils.

"Mon fils était dans les attentats de Paris". En direct sur la télévision belge Maghreb TV, l’intervention par téléphone de cette femme a visiblement surpris le présentateur Mohamed Tijjini. "Votre fils a participé, je n’ai pas compris?", demande-t-il.

Au bout du fil, une femme se présente comme Fatima Hadfi, la mère de Bilal Hadfi, l’un des kamikazes du Stade de France. Sur cette télévision destinée à la communauté maghrébine, Fatima Hadfi -dont l’identité n’a pu être vérifiée par l’AFP- témoigne de son désarroi. Depuis les attentats du 13 novembre, "je ne vis plus, je survis", raconte-t-elle. "Je m’en veux de n’avoir rien vu" de la radicalisation de Bilal confie Fatima Hadfi.

"Mon petit garçon venait juste d'avoir 20 ans. Il vivait comme tout le monde. Il allait à l'école (...) Il était victime de cette société des regards, des paroles: ‘t'es pas le bienvenu ici’, ‘dégage dans ton pays’", ajoute-t-elle, expliquant que des adolescents comme le sien se heurtent à des barrières pour trouver un emploi.

"J'aurais dû être plus à l'écoute de mon fils"

A l'antenne, elle raconte que son fils, prétextant des vacances au Maroc, était en réalité parti en Syrie, où il était resté neuf mois. "C'est des enfants qui ont été pris par un engrenage, des gens qui ont su les manipuler. Ils ont été arrachés de leur famille", déclare-t-elle à propos des jeunes partis en Syrie. "Tout est fait pour que les parents ne remarquent rien (...) Moi-même je me le suis dit, j'aurais dû être plus à l'écoute de mon fils", a-t-elle ajouté. Fatima Hadfi a également déploré la lenteur des autorités françaises à lui restituer la dépouille de son fils, demandant à pouvoir l'enterrer, selon l'enregistrement diffusé par Maghreb TV.

L'école bruxelloise Annessens-Funck, que fréquentait le jeune homme avant de gagner la Syrie en février dernier, avait relevé des signes inquiétants de radicalisation du jeune homme mais ce signalement n'était pas parvenu à la police, a rapporté samedi la presse belge.

C. B avec AFP