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Saint-Denis: ce qu'il s'est passé durant l'assaut antiterroriste

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- - Des gendarmes escortent un homme soupçonné d'être radicalisé et qui a tiré sur des policiers venus l'interpeller à La Réunion, le 27 avril 2017 à Saint-Denis - Richard BOUHET, AFP

L'opération, désormais terminée, a fait deux morts du côté des terroristes, cinq blessés du côté des policiers, et a déjà permis l'interpellation de sept suspects, placés en garde à vue. BFMTV.com fait le point.

Cinq jours après les attentats à Paris qui ont fait 129 victimes et 352 blessés, la sous-direction antiterroriste de la police judiciaire, assistée du RAID, de militaires, et de la brigade de recherche et d'intervention, ont mené durant plus de sept heures une opération en plein coeur de Saint-Denis, en Seine-Saint-Denis. Des pompiers étaient également présents sur place. 

Les métros, bus et tramways desservant Saint-Denis ont été arrêtés, le quartier est survolé par deux hélicoptères de la gendarmerie, les habitants sont sommés par la préfecture de rester chez eux par mesure de prudence, et les établissements scolaires du centre-ville ont été fermés pour la journée. 

Le chef de l'Etat François Hollande a été "tenu au courant en temps réel" des derniers développements dans son bureau à l'ElyséeManuel Valls, Bernard Cazeneuve et Christiane Taubira étaient avec lui.

> Que s'est-il passé?

Mercredi, à 4h20 du matin, les équipes antiterroristes ont encerclé un petit immeuble, au 8 rue Corbillon, où se trouvaient plusieurs suspects mêlés aux attentats parisiens. Après avoir bouclé le quartier, ils ont donné l'assaut dans un appartement, en lançant des charges explosives. A 5 heures, un chien a été envoyé en reconnaissance dans une pièce, et a été abattu par les terroristes présumés.

Des tirs nourris ont ensuite été entendus durant plusieurs heures, par intermittence. Peu après 9 heures, une source proche du dossier a confié à BFMTV que les policiers du RAID fouillaient chaque étage de l'immeuble, avançant "millimètre par millimètre", "avec la crainte que les lieux ne soient piégés". Les équipes antiterroristes étaient munis d'un drone, de deux hélicoptères et de robots de reconnaissance.

L'opération a pris fin à 11h37.

> Qui est visé par l'opération?

Selon une source policière, la cible de l'assaut est Abdelhamid Abaaoud, "cerveau" présumé des attentats de vendredi. Membre de l'organisation Etat islamique, qui a revendiqué les attentats, ce jihadiste belge de 28 ans, surnommé Abou Omar Soussi, est recherché depuis janvier, soupçonné d'avoir projeté plusieurs attentats en Europe ces derniers mois.

Des vérifications sont en cours pour déterminer l'identité des personnes tuées et interpellées car les enquêteurs ne peuvent "en l'état" se prononcer sur la présence d'Abdelhamid Abaaoud, a déclaré le procureur de Paris.

> Y a-t-il eu des victimes?

Peu avant 6 heures, une femme retranchée dans l'appartement a activé son gilet explosif, et a été tuée sur le coup, sans faire de victime. Elle avait été placée sous surveillance depuis le début de la semaine, soupçonnée par les enquêteurs d'abriter Abdelhamid Abaaoud.

Selon des sources policières, un autre forcené a été tué par un sniper.

Cinq policiers du RAID ont également été légèrement blessés.

> Qui a été interpellé pour le moment?

Trois hommes, qui se trouvaient dans l'appartement, ont été extraits par le RAID à 4h50 et placés en garde à vue. Ils sont présentés par une femme qui a fréquenté ce lieu, décrit comme un squat, comme "des individus hébergés là, sans lien avec les attentats".

Par ailleurs, dans un autre appartement de cet immeuble, deux suspects ont été interpellés à 10h30. 

Et enfin, un homme et une femme ont été interpellés dans le quartier et placés en garde à vue. L'homme est le propriétaire de l'appartement où sont retranchés les forcenés. Avant d'être interpellé, il a expliqué sur BFMTV leur avoir prêté les lieux "pour rendre service" à un ami en commun, sans connaître leur véritable nature ni leur identité.

Au total, sept interpellations ont eu lieu.

Alexandra Gonzalez