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Attentats: le parcours d’Abdelhamid Abaaoud, jusqu'à Paris

Photo non datée d'un homme présenté comme Abdelhamid Abaaoud, un jihadiste belge soupçonné d'être le commanditaire des attentats de Paris.

Photo non datée d'un homme présenté comme Abdelhamid Abaaoud, un jihadiste belge soupçonné d'être le commanditaire des attentats de Paris. - Dabiq - AFP

Une semaine après les attentats, le commanditaire présumé a bien été tué. Pour autant, le parcours d’Abdelhamid Abaaoud reste toujours aussi flou. Le journal Le Monde a pu consulter une fiche de synthèse des services de renseignement belges. Elle apporte quelques éclaircissements sur l’itinéraire du terroriste.

Malgré sa vingtaine de pages, ce document concernant Abdelhamid Abaaoud reste incomplet. Le Monde en dévoile ce vendredi des extraits, reprenant point par point l’itinéraire de l’organisateur présumé des attentats du 13 novembre, à Paris.

Né à Anderlecht, en Belgique, le 8 avril 1987, on apprend qu’Abdelhamid Abaaoud est l’aîné d’une famille nombreuse de six enfants et possède la double nationalité belge et marocaine. Le présumé terroriste a commencé à connaître des ennuis judiciaires à partir de 2002 et a multiplié les séjours en prison entre 2006 et 2012, "mais jamais pour plus de trois mois", précise la fiche. Dans la famille Abaaoud, il est le seul à avoir des démêlés avec la justice avec son autre frère Yassine, connus pour des petits faits de délinquance.

Une radicalisation en 2013

D’après la fiche, tout a réellement commencé pour Abdelhamid Abaaoud à la suite d’une note déclassifiée de la sûreté de l’Etat datant de février 2013. Celle-ci concerne le départ simultané vers la Syrie de sept jeunes gens, dont le présumé terroriste.

En parallèle, les enquêteurs commencent à interroger l’entourage d’Abdelhamid Abaaoud. D’après son père, auditionné en février 2014, la radicalisation de son fils a démarré très vite après sa sortie de la prison de Forest, à Bruxelles. À cette époque, il se met à "porter la barbe" et "arrête de fréquenter ses amis du quartier".

Le parcours en tant que tel d’Abdelhamid Abaaoud est rempli d’inconnues. Mais sa radicalisation ne fait plus aucun doute.

Ses voyages

Entre février 2013 et janvier 2015, Abaaoud a effectué plusieurs allers-retours entre la Syrie et la Belgique. C’est durant cette période qu’Abdelhamid Abaaoud s’est formé à devenir un combattant de Daesh. "Il n’est pas passé par la Libye mais il a été formé par des combattants libyens, un contingent important de l’organisation terroriste", informe sur BFMTV Mathieu Guidère, spécialiste du monde arabe.

En 2014, il enrôlera également son petit frère dans les rangs jihadistes. Abdelhamid Abaaoud se fait également appeler Abou Omar Soussi, du nom de la région du sud-ouest du Maroc dont sa famille est originaire, ou Abou Omar al-Baljiki (Abou Omar "le Belge").

En début d’année, il quitte la Syrie pour la Grèce, où son portable est localisé. Au même moment, un attentat est déjoué à Verviers, en Belgique. Il en est le commanditaire présumé. De retour en Syrie, il se vantera d'avoir pu rentrer en Europe. En juillet, le terroriste âgé de 28 ans est condamné à Bruxelles, en son absence, à 20 ans de prison dans un procès sur les filières de recrutement de jihadistes belges pour la Syrie.

Présent en France?

C’est la question qui taraude les autorités depuis les attentats du 13 novembre: depuis combien de temps Abaaoud était-il sur le territoire? Question qui reste aujourd’hui encore sans réponse. Les services de renseignement français n'ont été avertis de sa présence que lundi dernier, trois jours après les attaques.

Après l’assaut mené par le Raid mercredi à Saint-Denis, trois terroristes présumés sont morts. La confirmation officielle est tombée jeudi: Abdelhamid Abaaoud a bien été tué dans l'opération. Aux yeux de nombreux spécialistes, ce raté met en lumière des failles graves dans le fonctionnement des services de renseignement européens.

Abaaoud est également soupçonné d'avoir été impliqué dans quatre des six attentats déjoués par les renseignements français depuis le printemps 2015. Mais rien n’indique qu’il se trouvait sur le territoire au moment où ces attaques étaient planifiées.

Pierjean Poirot