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Soupçonné d'avoir voulu commettre un attentat, un islamiste indemnisé par l'Etat

L'Etat a été condamné au titre de "préjudice moral".

L'Etat a été condamné au titre de "préjudice moral". - Martin Bureau - AFP

L'Etat a été condamné à verser 6.000 euros à Farouk Ben Abbes, mis en examen et placé en détention en 2010 dans le cadre d'une enquête sur un projet d'attentat contre le Bataclan. L'homme est actuellement assigné à résidence.

Une décision en application du droit qui peut créer un certain malaise parmi le système judiciaire. L'Etat a été condamné à verser 6.000 euros à Farouk Ben Abbes au titre de "préjudicie moral", rapporte Le Parisien. Cet homme de 31 ans a été mis en examen et placé en détention provisoire pendant deux mois et demi, entre 2010 et 2011, dans le cadre d'une enquête sur un projet d'attentat contre le Bataclan.

Farouk Ben Abbes, figure de l'islam radical, avait, faute de preuves, bénéficié d'un non-lieu malgré des informations des services de renseignements égyptiens. Il avait alors entrepris une procédure d'indemnisation qui s'est soldé par une première victoire en mars 2014. L'Etat est condamné par la cour d'appel de Paris à lui verser 20.000 euros. Un recours est alors déposé avant que la Commission nationale de réparation des détentions donne une seconde fois raison à Ben Abbes.

Proche de Fabien Clain

Si, dans cette enquête, Farouk Ben Abbes, un résident de nationalité belge et tunisienne, a été blanchi, son nom apparaît depuis plusieurs années dans des affaires de terrorisme. Proche de Fabien Clain, ce Français qui a revendiqué les attentats du 13 novembre pour Daesh, le trentenaire est cité dans le dossier sur l'attentat au Caire, en Egypte, en 2009, qui a coûté la vie à une jeune lycéenne française de 17 ans, Cécile Vannier.

Une Française d'origine albanaise a également raconté aux enquêteurs de la DGSI que Farouk Ben Abbes lui avait fait des confidences sur un projet d'attentat-suicide contre la salle de spectacle du Bataclan. Depuis 2015, l'islamiste est assigné à résidence. D'abord dans l'Aube, avant de pouvoir regagner son domicile à Toulouse. Fin juillet, la France tente de l'expulser vers la Tunisie après la prise d'un arrêté d'expulsion ministériel par les services de Bernard Cazeneuve.

Les services policiers le soupçonnent toujours d'être "susceptible, à tout moment, de fomenter, commettre ou apporter un soutien logistique à une action terroriste en France". Une fois dans l'avion, il avait pourtant dû être débarqué. Farouk Ben Abbes fait toujours l'objet d'un contrôle judiciaire et est donc sous le coup d'une interdiction de quitter le territoire.

J.C.