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Perquisitions à Mediapart: Matignon a remis à la justice des éléments qui ont mené à l'ouverture de l'enquête 

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Le logo de Mediapart - Image d'illustration - AFP

Après les questions de plusieurs journalistes en lien avec l'affaire Alexandre Benalla, Matignon a averti le procureur de la République de Paris qui a organisé la perquisition.

Quelques jours après la très critiquée tentative de perquisition par la justice au siège de Mediapart, de nombreuses questions restent encore en suspens. Ce mercredi, selon de nouvelles informations révélée par Mediapart et confirmées par BFMTV, l'enquête préliminaire pour "atteinte à la vie privée" aurait été enclenchée après que Matignon a transmis à la justice plusieurs éléments. 

Dans une lettre, signée du Directeur de cabinet du Premier ministre, Benoît Ribadeau-Dumas, et datée du 1er février, que BFMTV a pu se procurer (visible ci-dessous), l'attention du procureur de Paris Rémy Heitz est en effet attirée sur plusieurs points.

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Rencontre chez Marie-Elodie Poitout?

A la suite de la publication le 31 janvier par Mediapart de plusieurs enregistrements sur lesquels on peut entendre Alexandre Benalla et Vincent Crase s'entretenir et planifier la destruction de preuves, plusieurs journalistes, dont un de l'hebdomadaire Valeurs Actuelles, ont questionné Matignon sur le potentiel lieu de la rencontre entre les deux hommes.

Comme l'explique encore Mediapart dans son article de ce mercredi, il est soupçonné que les deux hommes se soient rencontrés dans l'appartement de la responsable du Groupement chargé de la sécurité du Premier ministre (GSPM), Marie-Elodie Poitout. 

Une affirmation réfutée par Matignon. "La chef du GSPM dément être impliquée d’une quelconque façon dans la rupture du contrôle judiciaire de MM.Benalla et Crase. Elle affirme connaître M.Benalla, mais ne jamais avoir rencontré M.Crase et qu’à sa connaissance celui-ci n’est jamais venu à son domicile. Elle dément également que son compagnon ait pu organiser cette rencontre chez elle en son absence", rétorque-t-on à Valeurs Actuelles.

Le parquet averti le 1er février

C'est le lendemain, le 1er février, que Matignon alerte le parquet de Paris de cette nouvelle situation et communique les questions posées la veille. 

"Il ne s’agit en aucun cas d’un signalement ou d’un article 40 (article du code de procédure pénale qui oblige une personne dépositaire de l'autorité publique à dénoncer un délit, rapporte Mediapart). Il s’agit simplement de partager en toute transparence avec la justice des éléments de réponse transmis à la presse et qui sont susceptibles de concerner une affaire judiciaire en cours", rapporte Matignon.

Dans la suite de son article, Mediapart estime que les raisons de la tentative de perquisition reposent "sur du sable" et condamne le "zèle inédit" du procureur de la République de Paris, Rémi Heitz, qui a organisé, sans mandat d'un juge indépendant, la perquisition si polémique. 

Hugo Septier