BFMTV

Nice: ce que l'on sait de l'attaque au camion

Les secours sur la Promenade des Anglais, jeudi 14 juillet à Nice.

Les secours sur la Promenade des Anglais, jeudi 14 juillet à Nice. - AFP

Quelques heures après l’attentat perpétré par le conducteur d'un camion sur la foule à Nice, le bilan encore provisoire fait état d’au moins 84 morts. Le point sur ce que l’on sait sur le déroulé des événements.

Un attentat le jour même de la Fête nationale: à Nice, un homme au volant d'un camion a commis un carnage jeudi soir, quelques instants après la fin du feu d'artifices du 14-juillet, tuant au moins 84 personnes en leur fonçant dessus sur la Promenade des Anglais. Que s'est-il passé? 

>> Retrouvez ici notre direct sur les événements de Nice

> 23 heures, un camion attaque la foule

Le feu d'artifices vient de s'achever sur la très populaire Promenade des Anglais. Soudain, un mouvement de panique se déclenche. Très vite, tout Nice est bouclé: un camion, lourd de 19 tonnes, vient de foncer dans la foule. Il est environ 23 heures.

De nombreux témoins décrivent un camion blanc fonçant à pleine vitesse sur la foule, changeant même plusieurs fois de trajectoire, suscitant un mouvement de panique et jetant des débris tout autour. Le conducteur est finalement abattu par la police. Quelques heures après l'attaque, le camion était toujours immobilisé, les pneus crevés et la porte passager criblée d'impacts de balles. Il a achevé sa course non loin du Palais de la Méditerranée. 

> Le gouvernement face à l'attentat

Durant la nuit, François Hollande a pris la parole lors d'une allocution télévisée. Le chef de l'Etat a déclaré que "le caractère terroriste" de l'attaque ne pouvait "pas être nié". Il a annoncé le maintien de l'opération Sentinelle "à un haut niveau". Ce plan mobilise 10.000 militaires, en plus de gendarmes et de policiers. Initialement, l'état d'urgence devait prendre fin le 26 juillet. Il sera prolongé de trois mois supplémentaires au vu des événements. Une initiative que l'ancien président de la République, Nicolas Sarkozy, a pleinement approuvée. 

Un projet de loi sera soumis aux parlementaires "d'ici à la semaine prochaine". Il sera, au préalable, présenté mardi en Conseil des ministres. François Hollande souhaite aussi "faire appel à la réserve opérationnelle", un ensemble formé d'anciens militaires ou encore de gendarmes, notamment pour le contrôle des frontières. 

En milieu de matinée, à la sortie d'un conseil de Défense et de sécurité restreint tenu à l'Elysée, le Premier ministre Manuel Valls a détaillé les nouvelles mesures décidées par l'exécutif pour faire face à la crise: "L'urgence, c'est l'accueil des familles et la restitution des dépouilles de leurs proches après identification. L'ensemble des services de l'Etat sont mobilisés. La cellule interministérielle de crise a été activée. La cellule interministérielle d'aide aux victimes également. La section antiterroriste du parquet de Paris s'est saisie de l'enquête." François Hollande et Manuel Valls sont ensuite partis pour Nice. 

Un deuil national a été décrété pour les 16, 17 et 18 juillet. En revanche, les drapeaux seront mis en berne dès ce vendredi. De son côté, Bernard Cazeneuve a annoncé qu'il rehaussait le plan vigipirate à "alerte attentat" dans le département. 

> Des tirs? 

Le conducteur du camion a fait usage à plusieurs reprises de son arme à feu, un calibre 7.65, avant d'être abattu par des agents de la BST. Les enquêteurs ont également trouvé une "grenade inopérante" et des "armes longues factices" dans le véhicule. 

> Le profil du conducteur connu 

Dans le véhicule, on a retrouvé un téléphone portable, une carte bancaire et le permis de conduire du chauffeur, formellement identifié grâce à ses empreintes. Il en ressort que le conducteur du camion qui a fauché des dizaines de personnes à Nice était connu de la police pour violences avec armes, violences conjugales, menaces, vol mais aucun fait en lien avec le terrorisme. Il était Tunisien (et non pas Franco-Tunisien comme indiqué précédemment), avait 31 ans et était domicilié à Nice où il était marié et père de famille. Il était titulaire d'un permis de séjour.

A partir de 7h, les forces de l'ordre, comprenant des éléments du RAID lourdement armés, se sont mis à perquisitionner le logement du chauffeur du camion dans le nord de la ville. La police technique et scientifique est également présente sur les lieux. Sa femme a été arrêtée, elle est actuellement entendue. 

Autour de son domicile, les témoignages du voisinage permettent d'y voir plus clair sur la personnalité de l'assaillant. Instable, il était chauffeur-livreur ce qu'il explique qu'il ait pu louer le camion ayant servi à l'attentat à Saint-Laurent-du-Var (Alpes-Maritimes) il y a quelques jours. Il était en instance de divorce et ne semblait pas être un homme religieux. Il avait eu un accident au volant de son camion après s'être endormi au volant il y a un mois.

> Un bilan très lourd

Le bilan, bien que provisoire, est déjà très lourd: on compte désormais au moins 84 morts et 18 blessés "en urgence absolue". C'est le bilan "extrêmement lourd" qu'a donné sur place le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve. Une cinquantaine d'enfants étaient hospitalisés au matin du 15 juillet. Deux d'entre eux sont décédés depuis leur admission et d'autres sont encore entre la vie et la mort, selon le personnel hospitalier. 

Des personnes ont également été blessées par balles. Le Centre hospitalier universitaire de Nice a déclenché le Plan Blanc, avec la mise en place d'une ligne téléphonique pour les familles: 04 93 72 22 22.

Les hôpitaux de Nice avaient d'abord lancé un appel à la population pour faire face à l'afflux de blessés en besoin urgent de transfusions. Mais, tôt dans la matinée, l'Etablissement français du sang publiait que ses besoins en sang étaient couverts et invitaient les Français à attendre quelques jours avant de se présenter à un centre de collecte pour donner leur sang.