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Attentat de Nice: qu'est-ce que "la réserve opérationnelle" mobilisée par  François Hollande?

Face à cette nouvelle attaque sur le sol français le président de la République a annoncé qu'il allait faire appel à "la réserve opérationnelle" afin de soulager les policiers et gendarmes. À quoi sert cette force? Qui la compose?

Huit mois après les attaques de Paris, la France a de nouveau plongé dans l'horreur le 14 juillet. Au moins 84 personnes sont mortes jeudi soir dans un attentat sur la Promenade des Anglais de Nice, fauchées par un camion qui a foncé dans la foule alors que le feu d'artifice touchait à sa fin. Le président François Hollande a parlé d'"une attaque dont le caractère terroriste ne peut être nié". "C'est toute la France qui est sous la menace du terrorisme islamiste", a affirmé le chef de l'État lors d'une allocution télévisée. L'attentat n'a pas encore été revendiqué.

Au cours de cette intervention, le président de la République a annoncé la prolongation de trois mois de l'état d'urgence, qui devait s'achever le 26 juillet. Et il a annoncé faire appel "à la réserve opérationnelle". Cette force aura pour but de "soulager" les policiers et gendarmes pour certaines missions.

Qui la compose?

La réserve opérationnelle est composée de volontaires, à savoir des citoyens Français avec ou sans expérience militaire. Ils signent un engagement de un à cinq ans et reçoivent une formation et un entrainement spécifique.

Au 31 décembre 2014, la réserve opérationnelle est composée de 54.860 personnes, gendarmerie nationale incluse.

Comment l'intégrer?

Pour l'intégrer, il faut répondre à un certain nombre de critères comme avoir plus de 17 ans, être Français, être en règle avec les obligations du service national, ne pas avoir été condamné soit à la perte de ses droits civiques ou à l’interdiction d’exercer un emploi public, soit à une peine criminelle, soit à la destitution ou à la perte du grade dans les conditions prévues par le code de la justice militaire, et enfin posséder l’ensemble des aptitudes requises et notamment physiques.

Il est possible d'être réserviste dans l'Armée de Terre, de l'Air, la Marine nationale, le service de santé des armées, le commissariat des armées, le service des essences des armées, la délégation générale de l'armement et la gendarmerie nationale.

À quoi sert-elle?

Les réservistes permettent de faire face à la simultanéité des opérations et d’accroître la capacité des forces à durer en renforçant les unités d’active en particulier lors des pics d’activité (opération Sentinelle, plan Vigipirate, crises sur le territoire national, intempéries, services d’ordre public lors d’évènements majeurs, protection de bases navales, de ports d’intérêt vitaux et d’installations sensibles…).

Ils peuvent aussi apporter aussi des expériences et des expertises particulières. Le ministère de la Défense précise: "Quel que soit leur statut dans le secteur civil (salarié, agent de la fonction publique, artisan, profession libérale…), ces réservistes opérationnels servent, selon leurs compétences et leur spécialité, dans le domaine opérationnel ou dans le domaine du soutien, en unités, dans les états-majors, les établissements ou les administrations centrales sur le territoire national et sur les théâtres d'opérations extérieures, et se voient confier les mêmes missions que les militaires d'active".

Si un volontaire ne peut pas intégrer la réserve opérationnelle, que peut-il faire?

Si un citoyen volontaire se retrouve bloqué par la limite d'âge ou par les aptitudes physiques, il peut servir en tant que réserviste citoyen. Un réserviste citoyen est un collaborateur bénévole du service public, des ambassadeurs de la Défense et de la gendarmerie. Il peut être sollicité pour des actions de communication, de relations publiques, de recrutement, pour contribuer au devoir de mémoire, … Il peut aussi aider à la reconversion des militaires en fonction des réseaux avec le tissu socio-économique qu’ils entretiennent.

Au 30 juin 2015, la réserve citoyenne de défense et de sécurité est composée de 2.387 bénévoles au sein du ministère de la défense et de 1.293 bénévoles au sein de la gendarmerie nationale, soit un total de 3.680 personnes.

Diane Lacaze