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Blocage des prisons: FO veut "durcir" le ton

Un projet d'accord, présenté vendredi soir, prévoit notamment la création de 1.100 emplois de surveillants sur quatre ans. De la "poudre aux yeux", a jugé Force Ouvrière.

Deux des trois principaux syndicats pénitentiaires, la CGT et l'Ufap-Unsa, soumettaient ce week-end à leurs bases le projet d'accord rédigé lors de négociations avec l'administration, tandis que le troisième, FO, entendait ce samedi "durcir" la mobilisation en appelant à des "dépôts de clés" dans les prisons.

"Nous avons communiqué le texte à nos bases et nous attendons leurs retours pour nous prononcer", a déclaré ce samedi à l'Agence France-Presse (AFP) Christopher Dorangeville, secrétaire général de la CGT-Pénitentiaire.

FO appelle au "dépôts de clés"

Le projet d'accord prévoit notamment la création de 1.100 emplois de surveillants sur quatre ans, "dont une première tranche de 100 emplois dès 2018". Le texte prévoit aussi des mesures pour améliorer la sécurité des gardiens et un régime de détention défini pour les "détenus terroristes et radicalisés", permettant une "étanchéité totale de la gestion des détenus les plus dangereux". 

FO-Pénitentiaire, qui n'a pas participé aux négociations entamées mardi, rejette le projet d'accord. "C'est de la poudre aux yeux", a réagi samedi auprès de l'AFP Yoan Karar, secrétaire général adjoint du syndicat.

En conséquence, le syndicat appelle à "durcir" le mouvement par le biais notamment de "dépôts de clés", geste qui consiste pour les surveillants à ne pas prendre leur travail. "Une vingtaine" d'établissements étaient touchés par ce mouvement samedi matin, selon Yoan Karar.

"FO a appelé à des dépôts de clés partout en France, mais ça n'est pas le cas", a dit une source au sein de l'administration pénitentiaire (DAP).

Mouvement national de blocage des prisons

A Fleury-Mérogis (Essonne), les surveillants ont pénétré dans l'enceinte de la plus grande prison d'Europe vers 6h30 sans retard, contrairement aux jours précédents. 

A Fresnes (Val-de-Marne), en revanche, une quarantaine de surveillants se sont rassemblés devant l'entrée de la prison et ont retardé leur prise de service jusqu'aux alentours de 8 heures. "J'espère qu'on n'est pas prêt à signer pour des cacahuètes", a dit Pierre Mazué, 46 ans dont 22 dans la pénitentiaire.

Le document rédigé vendredi soir a également été soumis à la ministre de la Justice Nicole Belloubet, qui s'est rendue vendredi en Corse au chevet de deux gardiens blessés par un détenu lors d'une nouvelle agression. Elle a également entendu les syndicats et le personnel du centre pénitentiaire de Borgo, où s'est produit l'incident.

Les surveillants ont lancé un mouvement national de blocage des prisons il y a quatre jours, après l'agression le 11 janvier de surveillants par un détenu jihadiste à Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais).

C. P. avec AFP