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Fleury-Merogis, Borgo: les appels à "déposer les clés" se multiplient

Face à la multiplication des incidents dont sont victimes les personnels des prisons françaises, le syndicat Force Ouvrière appelle tous les agents travaillant au sein de la maison d'arrêt de Fleury-Mérogis à cesser toute activité samedi 20 janvier à partir de 6 heures 45. La prison de Borgo en Corse va suivre le mouvement.

Vendin-le-Viel, Borgo, Mont-de-Marsan... Depuis le début du mois de janvier, les agressions de surveillants pénitentiaires se sont multipliées, déclenchant la colère des personnels de prison qui réclament de meilleures conditions de sécurité. Alors qu'une vaste mobilisation nationale est en cours depuis lundi 15 janvier, le syndicat Force Ouvrière appelle l'ensemble des personnels de la maison d'arrêt de Fleury-Mérogis, considérée comme la plus grande prison d'Europe, à "déposer les clés" ce samedi, afin d'obtenir des autorités "une réaction à la hauteur des événements qui secouent tous les établissements de France". 

La prison de Borgo en Corse - où deux surveillants ont été agressés ce vendredi - devrait suivre le mouvement samedi. Plus largement, le syndicat FO-Pénitentiaire, qui ne participe pas aux négociations avec la Chancellerie, hausse le ton et appelle "à durcir" les modalités d'action et en particulier au "dépôt de clés" dans tous les établissements.

La contestation des gardiens de prison est montée d'un cran à la suite de l'agression de trois surveillants par un détenu islamiste dans la prison de Vendin-Le-Viel, dans le Pas-de-Calais, le 11 janvier dernier. Dès le lendemain, une cinquantaine d'agents, rapidement rejoints par des gardiens d'autres prisons, ont manifesté devant l'entrée de l'établissement afin de protester contre le manque de moyens dont ils disposent. Si la mobilisation nationale, lancée lundi, semble s'essouffler, elle touchait encore 42% des centres pénitentiaires du pays ce vendredi (contre 74% en début de semaine).

La Garde des Sceaux Nicole Belloubet s'est rendue au chevet des deux victimes, attaquées au couteau vendredi matin vers 9 heures 30 par un détenu radicalisé. Dénonçant une agression "grave et intolérable", la ministre a souhaité leur "apporter son soutien", indiquant qu'ils étaient "extrêmement blessés" et qu'ils devront sans aucun doute être suivis après le choc physique et psychologique qu'ils ont subi. Elle s'est ensuite rendue devant la maison d'arrêt de Borgo où elle a été accueillie par des sifflets. Alors qu'elle souhaitait engager une discussion avec les surveillants, ces derniers lui ont volontairement tourné le dos, provoquant le départ de la ministre.

Mardi, Nicole Belloubet a annoncé dix propositions pour renforcer la sécurité des surveillants pénitentiaires et s'est engagée à revenir à la prison de Vendin-le-Viel dans deux mois pour évaluer si ces mesures auront "réellement pris corps". Selon les informations de Camille Langlade, journaliste à BFMTV, une réunion était en cours ce vendredi à Matignon autour d'Edouard Philippe afin d'évaluer la gravité de la situation et éventuellement de proposer des mesures d'urgence.

Mélanie Rostagnat