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Vendin-le-Vieil: après l'agression de trois surveillants, leurs collègues en grève

La prison de Vendin-le-Vieil compte 200 surveillants.

La prison de Vendin-le-Vieil compte 200 surveillants. - Capture BFMTV

Un détenu, ancien lieutenant de Ben Laden et cerveau de l'attentat de Djerba en 2002, a violemment agressé trois surveillants en les blessant à la tête, à la carotide et à la poitrine. Les faits se sont déroulés à la prison de Vendin-le-Vieil, là où doit être incarcéré temporairement Salah Abdeslam lors de son procès en Belgique prévu au mois de février.

Ils veulent faire part de leur colère. Après l'agression de trois surveillants pénitentiaires à la prison de Vendin-le-Vieil, une cinquantaine de leurs collègues débrayent vendredi matin et se rassemblent devant l'établissement pour protester contre le manque de moyens et des décisions de l'administration qu'ils jugent incompréhensibles. Ce mouvement est d'autant plus symbolique que de nombreux détenus pour terrorisme sont incarcérés dans ce centre pénitentiaire. Les surveillants de Fleury-Mérogis se sont joints à ce ras-le-bol.

"On préfère risquer notre paie, que notre vie", lancent-ils comme mot d'ordre.

Jeudi, un détenu, extrait de sa cellule pour passer un coup de téléphone, s'en est pris à trois surveillants. Avec un couteau de cuisine, il a blessé l'un des gardiens à la tête, l'autre à la carotide et le troisième à la poitrine. Aucun pronostic vital est engagé. Au moment de l'agression, l'homme aurait crié "Allahou akbar". Le parquet antiterroriste s'est saisi des faits et une enquête a été ouverte pour les faits de "tentative d'assassinats sur personnes dépositaires de l'autorité publique en relation avec une entreprise terroriste".

Aucun "dysfonctionnement"

"Dans cette affaire il n’y a pas eu de dysfonctionnement, nous avons pris les mesures qui s’adaptaient", insiste le directeur de la prison de Vendin-le-Vieil, venu à la rencontre des surveillants qui dénoncent une décision prise en début de semaine d'alléger la surveillance du détenu. "Il ne présentait aucun signe d’agressivité, poursuit le directeur. Depuis son arrivée à l’établissement, rien ne présageait d’un passage à l’acte."

Les surveillants pénitentiaires de Vendin-le-Vieil, dans le Pas-de-Calais, recensent une agression majeure chaque année alors même que cette prison est considérée comme l'une des plus sécurisée de France. Outre un taux d'encadrement élevé avec 200 gardiens pour une centaine de détenus, la prison de haute-sécurité dispose de 400 caméras de vidéosurveillance. Des équipements nécessaires alors que de nombreux détenus radicalisés ou condamnés pour terrorisme y sont incarcérés.

Aile pour détenus radicalisés et violents

Christian Ganczarski, l'agresseur des trois surveillants, est l'un d'eux. Condamné à 15 ans de prison pour complicité dans l'attentat de Djerba, où un camion-citerne bourré d'explosifs placé devant un synagogue a tué 19 personnes le 11 avril 2002, l'homme, d'origine allemande, est considéré comme un très proche de Oussama Ben Laden. "Ce personnage c'était le numéro 3 ou 4 d'al-Qaïda, si ça vous donne un petit peu le niveau", détaille Grégory Strzempek, représentant UFAP-UNSA Justice à la prison de Vendin-le-Vieil. Il achevait sa peine et devait être extradé vers les Etats-Unis.

Prochainement, un quartier pour détenus radicalisés et violents va être crée dans le centre pénitentiaire de Vendin-le-Vieil. Une aile entière qui, dans un premier temps, va être occupée temporairement par Salah Abdeslam. L'unique survivant des commandos du 13-Novembre, doit y être incarcéré le temps de son procès en Belgique qui doit se tenir du 5 au 9 février prochain à Bruxelles. Le terroriste présumé y comparaîtra dans l'affaire de la fusillade de Forest lorsqu'il était en cavale.

Justine Chevalier