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L'agresseur des gardiens de la prison de Vendin-le-Vieil est un ancien lieutenant de Ben Laden

Christian Ganczarski, dessiné lors de son procès en 2009.

Christian Ganczarski, dessiné lors de son procès en 2009. - BENOIT PEYRUCQ / AFP

Le parquet antiterroriste s'est saisi ce jeudi après qu'un détenu de la prison de Vendin-le-Vieil, dans le Pas-de-Calais, a violemment agressé trois surveillants. L'agresseur, Christian Ganczarski, un Allemand d'origine polonaise converti à l'islam, est un terroriste islamiste, ancien cadre d'Al Qaïda.

Christian Ganczarski, qui a agressé ce jeudi trois surveillants de la prison de Vendin-le-Vieil dans le Pas-de-Calais, entraînant la saisine du parquet antiterroriste, est une figure bien connue du terrorisme islamiste. Il est considéré comme le cerveau de l'attentat de Djerba, en Tunisie, le 11 avril 2002 contre une synagogue, une attaque terroriste pour laquelle il a été condamné en 2009 à 18 ans de réclusion criminelle, qui l'a envoyé derrière ces barreaux. Christian Ganczarski avait été en contact téléphonique avec l'un des kamikazes peu avant qu'il ne déclenche sa bombe. 

Dans la foulée de l'agression, le détenu a été placé en garde à vue pour tentatives d'assassinats sur personnes dépositaires de l'autorité publique en relation avec une entreprise terroriste.

Ibrahim l'Allemand

Aujourd'hui âgé de 52 ans, ce serrurier de formation, comme l'indique le site DW, est né dans le sud de la Pologne, qu'il a quittée avec ses parents pour l'Allemagne, pays dont il a obtenu la nationalité. Il s'est converti à l'islam avec son épouse, en 1986 selon le JDD. Après l'attentat de Djerba, il s'était réfugié en Arabie saoudite. Il a été arrêté le 2 juin 2003 à l'aéroport de Roissy.

Au moment de commenter son interpellation devant les parlementaires, Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur, l'avait présenté comme un "cadre d'Al Qaïda, spécialiste en informatique et en radiocommunications, en contact avec Oussama Ben Laden" et avait déclaré qu'il s'était rendu en Afghanistan et en Bosnie. A plusieurs reprises en effet, il a fait le voyage vers les camps d'entraînement jihadistes afghans entre 1999 et 2001, souligne RFI. Là-bas, il a hérité du surnom d'"Ibrahim l'Allemand". 

Quant à ses liens avec Oussama Ben Laden, Jean-Charles Brisard, président du Centre d'analyse du terrorisme, a tweeté ce jeudi une photo montrant Christian Ganczarski en train d'assister à un discours de celui qui fut longtemps le leader du terrorisme jihadiste à Kandahar, en Afghanistan. Le spécialiste de l'islamisme a aussi relevé qu'au sein d'Al Qaïda, il avait pour chef Khalid Sheikh Mohammed, aujourd'hui emprisonné à Guantanamo, chef du département médias et opérations extérieures, et "cerveau des attentats du 11 septembre 2001". 

Il a fréquenté le chef des pilotes du 11-septembre 

Ce lien présumé avec la préparation des attentats contre le World Trade Center à New York et visant le Pentagone à Washington a motivé le lancement d'une procédure d'extradition vers les Etats-Unis. Durant son procès de 2009, des images projetées lors d'une audience montraient en outre Christian Ganczarski en compagnie d'Oussama Ben Laden et de Mohamed Atta, chef des pilotes du 11-septembre et qui avait lui-même précipité l'avion dont il s'était emparé dans la tour nord. 

Sur Twitter, Jean-Charles Brisard a rappelé que son nom apparaissait aussi dans un autre dossier établi autour d'un projet terroriste: "Christian Ganczarski a également été impliqué dans un projet d'attentat déjoué visant l'île de la Réunion en 2003. Il avait approuvé le projet du Marocain Karim Mehdi en considérant que l'idée de commettre des attentats similaires à ceux de Bali en 2002 était 'une bonne idée'."

Arrêté en 2003 et condamné en 2009, Christian Ganczarski était libérable dans quelques semaines par le jeu des remises de peine. Cet élément pousse à s'interroger sur ses motivations au moment de se jeter sur les surveillants. Par ce passage à l'acte, a-t-il voulu prolonger son séjour dans l'administration pénitentiaire française et éviter son éventuelle extradition vers le territoire américain? La question est ouverte.

Robin Verner