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Bernard Tapie placé en garde à vue

L'homme d'affaire pourrait rester en garde à vue pendant quatre jours.

L'homme d'affaire pourrait rester en garde à vue pendant quatre jours. - -

Depuis fin mai, trois personnes ont été mises en examen dans cette affaire pour "escroquerie en bande organisée".

Bernard Tapie a été placé en garde à vue ce lundi matin dans le cadre de l'enquête sur l'arbitrage qui lui avait octroyé en 2008 plus de 400 millions d'euros dans son litige avec le Crédit Lyonnais sur la vente d'Adidas. Selon nos informations, la garde à vue se déroule aux urgences médico-judiciaires de l'Hôtel-Dieu, dans le IVe arrondissement de Paris. Elle peut durer jusqu'à quatre jours.

Convoqué dans la matinée par les policiers, l'homme d'affaires a aussitôt été placé en garde à vue à l'hôpital parisien de l'Hôtel-Dieu, qui dispose d'une salle spécialisée pour les gardés à vue nécessitant une surveillance médicale, selon une source proche de l'enquête.

On ignore dans l'immédiat les raisons pour lesquelles Bernard Tapie a été admis dans cette structure, où avaient également été entendus l'actuel PDG d'Orange, Stéphane Richard, et Pierre Estoup, l'un des trois membres du tribunal arbitral.

Trois mises en examen

Depuis fin mai, trois personnes ont été mises en examen dans cette affaire pour "escroquerie en bande organisée": Stéphane Richard, PDG d'Orange et ex-directeur de cabinet de l'ancienne ministre de l'Economie Christine Lagarde, Jean-François Rocchi, ancien patron du Consortium de réalisation (CDR, chargé de gérer l'héritage du Crédit Lyonnais) et l'un des trois des juges arbitraux, Pierre Estoup. Dans ce contexte de "bande organisée", la garde à vue peut durer jusqu'à quatre jours.

Christine Lagarde a elle été placée sous le statut de témoin assisté après deux jours d'audition par les magistrats de la Cour de justice de la République (CJR), instance habilitée à juger des délits imputables aux ministres dans l'exercice de leurs fonctions.

Les juges d'instruction soupçonnent l'arbitrage de 2008 d'avoir été biaisé au profit de Bernard Tapie. Ils veulent savoir comment l'homme d'affaires a plaidé sa cause à l'Elysée et au ministère de l'Economie et s'intéressent de près à ses liens avec les arbitre.

L'homme d'affaire n'était pas inquiet

Interrogé plus tôt sur cette convocation par Europe 1, l’ancien président de l’Olympique de Marseille relativisait: "Qu’est-ce que vous croyez? Des rendez-vous comme celui là, j’en ai eu sept avec Eva Joly. Résultat: six non lieu et une relax". La radio, qui n'a pas diffusé de son de ses déclarations, le citait comme ayant dit: "même système, même procédure, j’en ai rien à foutre…". "Moi je suis copain avec Taubira. Je ne l’ai pas appelée une fois depuis le début de l’affaire", assurait-t-il.

Jean Bruneau, ancien président de l'association des petits porteurs de BTF" (Bernard Tapie Finances, ancienne société cotée en Bourse), a également été placé en garde à vue ce lundi, à la brigade financière, dans le XIIIe arrondissement. Les enquêteurs s'interrogent notamment sur une lettre qu'il avait adressée le 29 avril 2007 à son avocat, Me Maurice Lantourne, qui est également l'avocat de Bernard Tapie, où il le félicitait à l'avance du résultat de l'arbitrage.

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dossier :

Affaire Tapie

A.D. avec Sarah-Lou Cohen et Benjamin Dubois